La curación del ciego 1567 | El Greco
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Les espoirs du croyant

juin 2021

Dans notre numéro de mars 2021, « Science sans confiance », Camille Riquier proposait une lecture critique du dernier livre de Gérald Bronner, Apocalypse cognitive. Gérald Bronner accepte ici de lui répondre, en réaffirmant l’impossibilité d’accorder au croire et au connaître la même valeur descriptive.

Camille Riquier a publié un texte intitulé « La crédulité du savant » dans le numéro de mars 2021 de la revue Esprit – qui me donne ici la possibilité de lui répondre, qu’elle en soit remerciée – se saisissant de l’opportunité de la parution de mon dernier livre Apocalypse cognitive1, pour entamer un dialogue critique avec moi et, disons, la position rationaliste. Son texte est agréable à lire sur la forme et intéressant sur le fond d’autant qu’il reprend, sous des atours un peu plus savants, une critique auquel tout rationaliste a été confronté. La réelle intention de ce texte n’est pas tant de discuter d’Apocalypse cognitive que, selon les mots de l’auteur, de s’intéresser aux « prolongements métaphysiques » que je donnerais à mes travaux. Le projet me paraît intéressant mais il faut prendre garde qu’au prétexte de cette enquête, on ne fasse passer des obsessions personnelles comme des allants de soi.

Le texte de Camille Riquier est fondé sur deux arguments principaux. Le premier est un reproche : je ne tiendrais pas compte des rapports complexes qu’entretiennent la foi

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Gérald Bronner

Sociologue français, professeur de sociologie à l'université Paris-Diderot, membre de l'Académie nationale de médecine, de l'Académie des technologies et de l'Institut universitaire de France. Auteur de nombreux ouvrages sur la pathologie des croyances dont La Démocratie des crédules, (PUF, 2013).

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Les enquêtes de santé publique font état d’une épidémie de fatigue dans le contexte de la crise sanitaire. La santé mentale constitue-t-elle une « troisième vague » ou bien est-elle une nouvelle donne sociale ? L’hypothèse suivie dans ce dossier, coordonné par Jonathan Chalier et Alain Ehrenberg, est que la santé mentale est notre attitude collective à l’égard de la contingence, dans des sociétés où l’autonomie est devenue la condition commune. L’épidémie ne provoque pas tant notre fatigue qu’elle l’accentue. Cette dernière vient en retour révéler la société dans laquelle nous vivons – et celle dans laquelle nous souhaiterions vivre. À lire aussi dans ce numéro : archives et politique du secret, la laïcité vue de Londres, l’impossible décentralisation, Michel Leiris ou la bifurcation et Marc Ferro, un historien libre.