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Rwanda, la fin du silence. Témoignage d’un officier français, de Guillaume Ancel

Préface de Stéphane Audoin-Rouzeau, Les Belles Lettres, coll. "Mémoires de guerre", 250 p., 21 €

Guillaume Ancel, ancien capitaine de la légion étrangère incorporé dans le contingent français de l’opération Turquoise, nous replonge dans le cauchemar du génocide des Tutsi rwandais et réveille les démons, trop longtemps occultés, de la politique française en Afrique. Ce journal de guerre de l’été 1994, écrit dans une langue vivante et pleine de franchise, témoigne de l’horreur des massacres perpétrés contre les Tutsi par les milices interahamwe et le gouvernement rwandais hutu. Mais il déconstruit surtout la réécriture de l’histoire nationale et le mythe de la cause humanitaire si opportunément endossée par le gouvernement français, fin juin 1994, pour justifier son intervention militaire au Rwanda.

En effet, Guillaume Ancel atteste avoir personnellement reçu l’ordre, le 22 juin 1994, au même titre que tout officier engagé dans les premiers jours de l’opération militaire Turquoise, de « réaliser un raid terrestre, sur Kigali, pour remettre en place le gouvernement » génocidaire. Selon lui, cet ordre a été renouvelé le 30 juin 1994, afin de « stopper l’avancée des soldats du Fpr » (Front patrioti

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Julien Jacob

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