Alexei Navalny | Photo : Evgeny Feldman / Novaya Gazeta, wikimédia
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Navalny : la vie devant soi

janv./févr. 2021

Loin de mettre un terme à l’humeur protestataire qui gagne la Russie, l’empoisonnement d’Alexeï Navalny, à l’été 2020, a plutôt renforcé la position de ce dernier à la tête de l’opposition démocratique à un pouvoir corrompu.

Le 20 août 2020, à Tomsk en Sibérie, Alexeï Navalny était empoisonné au novitchok, un concentré chimique composé d’agents innervants, produit par un laboratoire militaire russe. Cette substance est si dangereuse qu’un membre de son équipe voyageant avec lui aurait pu être touché par cette attaque. Après plusieurs semaines de coma et de soins intensifs à Berlin, le leader de l’opposition démocratique, âgé de 44 ans, a retrouvé toutes ses facultés. Il est animé par l’énergie farouche du survivant.

Les autorités russes continuent de nier la tentative de meurtre contre Navalny et contestent même le fait qu’il ait subi un empoisonnement. La publication en décembre de la très sérieuse enquête menée par The Insider, Bellingcat, CNN, Der Spiegel, El Pais et la Fondation pour la lutte contre la corruption dirigée par Navalny a déstabilisé le Kremlin, qui a reconnu faire suivre l’opposant par le FSB, mais rejette toujours les preuves de harcèlement, d’empoisonnement et d’autres attaques physiques depuis 2016.

Déni et mensonges

Il y a du Trump dans l’obsession du Kremlin à nier la dose de novitchok destinée à tuer l’opposant le plus populaire

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Marie Mendras

Politologue, Marie Mendras est chercheure au CNRS et au Centre de Recherches Internationales de Sciences Po, où elle enseigne. Elle est spécialiste de la Russie, de l’Ukraine et des relations Europe-Russie. Elle travaille sur le système politique et les élites russes, ainsi que sur les conflits menés par Moscou hors de ses frontières. Marie Mendras a rempli de nombreuses missions d’observation…

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