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Vladimir Poutine lors d’un meeting organisé par le Front populaire panrusse, coalition qu’il préside, le 19 décembre 2017. Via Wikimédia
Vladimir Poutine lors d'un meeting organisé par le Front populaire panrusse, coalition qu'il préside, le 19 décembre 2017. Via Wikimédia
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Voter pour le tsar ? La démocratie dans le miroir russe

Dans la Russie de Vladimir Poutine, le vote populaire est instrumentalisé par le pouvoir pour légitimer l’autoritarisme du Kremlin. Les régimes plébiscitaires rappellent ainsi que, si la démocratie demeure indissociable de l’élection, elle ne saurait s’y réduire, et que son principe fondamental réside dans la délibération collective.

Pourquoi est-il si peu évident de répondre à la question de savoir si les Russes soutiennent ou non Poutine ? Dans un article récent, Greg Yudin examine cet épineux problème de l’accès à la réalité de l’opinion russe, en revenant sur le rôle absolument crucial que joue le vote au sein du régime autoritaire et plébiscitaire de Poutine1. Ce faisant, il nous rappelle que le vote peut être un haut lieu de confiscation du pouvoir réel du peuple, sur fond de stratégies de dépolitisation de l’espace public. Il nous permet aussi, en miroir, d’interroger le rapport que nos démocraties entretiennent avec l’imaginaire de la voix du peuple. À l’heure où il est de bon ton de faire du recours à la démocratie directe l’antidote magique à la crise démocratique et institutionnelle que nous traversons, il y a là peut-être l’occasion de rappeler que la démocratie ne peut jamais se réduire au vote ou à l’élection, même lorsque celle-ci est « libre ».

La démocratie plébiscitaire

C’est un paradoxe : le régime russe, qui n’a rien d’un régime démocratique, recourt massivement au vote, le peuple étant appelé aux urnes très régulièrement, que ce soit aux élections locales, parlementaires ou présidentielles, quand il n’est pas sondé (hebdomadairement) par des organismes publics à la demande du Kremlin. On peut difficilement considérer que ces votes aux résultats plébiscitaires traduisent une véritable adhésion populaire, d’abord en raison du faible taux de participation, mais aussi et surtout parce que les élections ne sont, de fait, pas libres, pas plus que toute expression d’une opinion critique vis-à-vis du pouvoir de Poutine, qui expose à la répression.

À en croire Yudin, il ne faudrait pourtant pas non plus en rester à l’idée que l’élection constitue purement l’expression de « préférences falsifiées », pas plus qu’elle ne pourrait être considérée comme une pure mascarade à destination de l’Occident. Elle jouerait un rôle privilégié dans la fabrique du pouvoir autoritaire. En privant les citoyens du débat démocratique, en éliminant toute concurrence politique véritable, le régime de Poutine établit le plébiscite comme la seule « option » possible. L’opinion du peuple n’est jamais que celle que son dirigeant lui concède – la sienne –, renversant le dispositif de légitimation qui caractérise le pacte social fondateur de l’État au moins depuis Hobbes, ce pacte d’autorisation par lequel le souverain se trouve institué par le peuple. Ici, c’est le peuple lui-même, un peuple imaginaire qui est construit et façonné par l’autocrate à son image, comme son émanation. Il contemple en lui son propre reflet.

Comme le rappelle Yudin, cette instrumentalisation du vote « populaire » par l’autocrate, Joseph Schumpeter l’avait conceptualisée, dans la lignée de ces penseurs de la « démocratie plébiscitaire » que furent Max Weber et Carl Schmitt : dans ce type de régime, les élections au suffrage universel fonctionnent comme des plébiscites en faveur du Führer, par lequel son leadership autoritaire se trouve légitimé2. Sous couvert de prétendre lui donner un pouvoir, il s’agit bel et bien d’une confiscation du pouvoir réel du peuple, qui fait de la « démocratie plébiscitaire » une contradiction dans les termes.

Le peuple, passif et dépourvu d’opinion propre, ne participe à aucun moment à la vie politique ; il est simplement convoqué à la discrétion du despote pour consentir à ses desiderata. Au sein du régime plébiscitaire, l’élection se trouve ainsi transformée en pur et simple acte d’acclamation des décisions du dirigeant, aussi labile que ses caprices. Le « peuple » ne vient jamais que consentir à une décision du pouvoir vécue comme irrémédiable et perçue comme un état de fait sur lequel il estime n’avoir aucun pouvoir. Un sondage d’opinion du Levada Center (aujourd’hui curieusement supprimé de son site internet) avait ainsi montré qu’avant l’intervention militaire russe en Syrie, une majorité de Russes y étaient défavorables, un rapport qui s’est trouvé brusquement inversé après l’annonce officielle de l’« opération militaire spéciale » par le Kremlin. De ce point de vue, les manifestations de ces dernières semaines contre la mobilisation militaire, brutalement réprimées, constituent un phénomène extrêmement intéressant, qui semble au moins ponctuellement fragiliser ce régime de consentement passif à la politique du Kremlin, tout le problème étant que ceux-là mêmes qui s’y soustraient sont pour la plupart en exil, quand ils ne sont pas emprisonnés.

Yudin propose dès lors de rapprocher le régime poutinien de deux autres concrétisations de cette « démocratie plébiscitaire », celles qu’ont été sur leur fin la IIe République française et la République de Weimar, donnant naissance au Second Empire pour la première et au IIIe Reich pour la seconde. Cette analogie historique met en lumière un point essentiel : la porosité qu’entretient le régime plébiscitaire avec l’impérialisme, et les annexions militaires qui le caractérisent, ce dernier n’étant jamais que son prolongement inévitable. C’est ce qui permet notamment d’éclairer la logique de l’invasion de l’Ukraine par la Russie et, plus largement, l’importance de l’imaginaire impérialiste dans le discours et la politique de Poutine3. Le régime plébiscitaire tient dans la mesure où le « peuple » est maintenu dans la plus grande des passivités, sans quoi sa survie est menacée. Il doit donc veiller à assurer les conditions de cette dépolitisation du peuple, à savoir une dépolitisation de l’espace public comme lieu du dissensus démocratique, surtout lorsque celui-ci montre quelques signes de résistance, comme c’est le cas, en particulier, dans la jeunesse russe.

De ce point de vue, l’imaginaire impérialiste peut apparaître comme redoutablement efficace : en construisant la figure d’un ennemi extérieur menaçant l’unité nationale (l’Ukraine « nazie », peu ou prou identifiée à l’Occident « anti-russe » et désormais à Satan), la conflictualité interne se trouve alors projetée à l’extérieur et par là même soldée à l’intérieur. Quoi de mieux qu’une guerre « défensive » pour nourrir le fantasme de l’unité nationale ?

À l’extérieur, les soulèvements populaires de Maïdan en Ukraine en 2013-2014 et au Bélarus en 2020 sont vécus comme des menaces au régime poutinien lui-même, puisqu’ils incarnent la possibilité d’une réelle alternative au régime russe, celle de la démocratie et de la liberté, dont les citoyens russes pourraient choisir de faire eux-mêmes l’expérience. Face à cette menace de tous les instants, il devient urgent de répliquer par les agressions militaires, mais aussi, à l’intérieur, par une vague sans précédent de réformes réactionnaires visant à resserrer encore la chappe idéologique de la propagande. C’est ici que le régime plébiscitaire radicalise ses tendances fascistes : de l’interdiction de l’association Memorial jusqu’à la refonte des programmes éducatifs et au renforcement de la formation militaire, il s’agit de transformer le peuple spectateur en complice actif de cette guerre. Là où Poutine s’accommodait volontiers d’une dépolitisation générale, dont témoignaient jusque-là les forts taux d’abstention aux élections, il chercherait aussi à créer les conditions d’une « mobilisation générale », notamment en rendant obligatoire la participation aux élections, comme le suggéreraient déjà les élections de 2018 et le référendum constitutionnel de 2020. Le plébiscite se trouverait investi d’une nouvelle mission : fabriquer un peuple prétendument « actif », c’est-à-dire acteur de la politique menée en son nom, surprésent, alors qu’il était réduit jusque-là à des apparitions ponctuelles. À l’heure où se pose la question de « tenir » face à la guerre que mène Poutine, il faut peut-être se souvenir que l’unité des peuples démocratiques, celle dont les empires sous-estiment toujours la puissance, a constitué le seul garde-fou contre les guerres impériales « défensives » et les exactions qu’elles autorisent. C’est à ce prix que Hitler a été vaincu.

La leçon d’Eschyle

Ne nous leurrons pas : les tendances plébiscitaires et autoritaires travaillent aussi les démocraties « libérales ». Les récents résultats électoraux, en Europe et ailleurs, nous rappellent que la tentation d’élire des dirigeants « forts », qui mènent des politiques autoritaires et liberticides, est bien réelle (et inutile de rappeler combien Poutine a bénéficié jusqu’à peu – et bénéficie parfois encore – de soutiens occidentaux). Nous ne pouvons pas considérer que le risque autoritaire soit circonscrit à la Russie de Poutine et à la Hongrie d’Orbán. De ce point de vue, le vote, même « libre », ne garantit absolument pas le caractère démocratique d’un régime, pas même qu’il le reste.

Pour autant, peut-on affirmer, avec Yudin, qu’il existe un continuum entre les démocraties libérales et les régimes plébiscitaires, que les seconds ne seraient que la forme limite que prendraient les premières, sous l’effet du « fétichisme électoral » ? Il me semble que non : nous devons tenir coûte que coûte ce qui sépare un régime de droit, aussi imparfait soit-il, d’un régime abusif. Si l’on peut évidemment critiquer la vie démocratique de la France ou des États-Unis, il me paraît dangereux de refuser de distinguer clairement les démocraties dans lesquelles nous vivons des régimes autoritaires, sauf à cesser de donner un contenu réel à la notion de liberté : nous ne vivons pas dans la terreur4.

Le vote, même « libre », ne garantit absolument pas le caractère démocratique d’un régime.

En revanche, il est certain que nos démocraties, aussi libérales soient-elles, n’échappent pas à la tentation autoritaire et qu’elles la renforcent lorsqu’elles réduisent la participation politique au vote (à l’élection et au référendum). Cela revient à rappeler deux points : d’abord, l’autoritarisme, et sa forme spécifique incarnée par le fascisme, prospère sur le terreau du désengagement et de la dépolitisation du peuple, qui n’est pas l’apanage des régimes non démocratiques. La démocratie n’immunise pas contre le risque autoritaire. Ensuite, le vote ne constitue jamais à lui seul l’essence de la démocratie. Comme dispositif, il ne dit rien en lui-même de la nature du régime, mais n’est jamais que le reflet de la qualité de la vie démocratique qu’on y mène. Il peut donc tout à fait être dévoyé par le despote pour asseoir sa domination. Il peut aussi, l’histoire et les résultats électoraux récents nous l’ont assez montré, conduire des personnalités et des programmes autoritaires au pouvoir. Un sondage récent nous rappelle, s’il en était besoin, que ce goût pour le chef demeure un fantasme très efficient, dont la Ve République conserve indéniablement quelque chose, ce qui expose le chef tout autant au surinvestissement qu’à la vindicte et au ressentiment5. Par conséquent, croire et prétendre que multiplier les suffrages directs pourrait nous permettre d’en finir avec la crise démocratique relève du contresens, parce que cela revient à identifier la démocratie avec le vote.

Alors, bien sûr, nous dira-t-on, c’est précisément l’abstention qui semble menacer notre propre démocratie. Sauf que nous la corrélons à un manque de représentativité du personnel politique, et plus largement à une crise de confiance dans l’action publique. Il suffirait de proposer régulièrement des votes ponctuels sous la forme de référendums pour revitaliser la vie démocratique (ce que semble entériner la pratique généralisée du sondage qui constitue trop souvent l’alpha et l’oméga de l’« analyse politique »). La limite de cette analyse, c’est qu’elle suppose que le problème de l’engagement politique soit soluble dans celui de l’offre électorale ou référendaire. Ce que nous rappelle pourtant le cas russe, c’est une leçon essentielle qui se trouvait déjà au cœur de la problématisation grecque de la liberté : l’essence du fait démocratique ne peut résider que dans une pratique effective de la délibération collective, qui suppose l’espace-temps du débat et de la critique, c’est-à-dire de l’examen patient où l’on discute et l’on fabrique du commun, et sans lequel le vote ne peut constituer qu’une coquille vide6. C’est dire aussi que le danger qui inquiète irréductiblement toute démocratie (comme il menace d’ailleurs tout sujet), c’est celui de la passivité et du désengagement. Il est de ce point de vue regrettable que ceux qui en appellent au « renouveau » démocratique n’aient de cesse de l’exemplifier par le recours au référendum, voire à l’élargissement de l’« offre » électorale, dans laquelle les citoyens seraient censés mieux se retrouver parce qu’ils y seraient « mieux représentés ».

Nous devons à l’évidence repenser les conditions de la représentation. Mais nous devons surtout reconsidérer ce qu’il s’agit de représenter, l’opinion politique, qui ne peut être que le produit d’un dialogue démocratique réel. L’opinion politique se façonne par ce long travail que Hannah Arendt a appelé la fabrique d’un monde de l’« universelle dépendance », celui où « je peux me faire le représentant de qui que ce soit d’autre7  ». Autant dire que nous sommes assez loin du contenu des conventions citoyennes, à l’exception de la Convention pour le climat, de ce point de vue peut-être trop réussie. En excluant par principe les expertises et les compétences, et en confiant leur organisation à des agences de communication, il y a fort à parier qu’on ne les condamne à n’être qu’un exercice de pure expression (normée par le monde managérial) – certainement pas une expérience de délibération. La réflexion sur les institutions démocratiques ne peut donc faire l’économie d’un retour sur les conditions par lesquelles le peuple (demos) peut s’instituer comme pouvoir (kratos), ce qui relève toujours d’une construction patiente et exigeante, loin de l’imaginaire de la toute-puissance que flattent les populistes. C’est là la plus grande force de la démocratie. C’était d’ailleurs déjà la leçon d’Eschyle, qui n’avait pas échappé à Castoriadis : si les Athéniens l’emportent sur les Perses, pourtant en supériorité numérique, c’est parce qu’ils disposent de cette force d’anticipation et de cette intelligence (mètis), ce savant mélange d’« entendement » et d’« imagination », cette capacité de se mettre à la place d’un autre qu’ils pratiquent dans la cité démocratique8. Rappelons néanmoins que cette pratique de la délibération et de l’action collective suppose des conditions sociales, celles qui garantissent aux citoyens de pouvoir exercer cette capacité, ce qu’avaient déjà pensé les Athéniens en leur octroyant des salaires, donc du temps et de la disponibilité psychique.

Ce n’est donc pas le vote qui définit d’abord la démocratie, mais un processus et une dynamique qui définissent un ethos, une manière d’être rendue possible par l’esprit critique (souvenons-nous que la démocratie et la philosophie, cette capacité de penser le monde avec et contre soi, naissent et vont ensemble9). Il n’y a pas de démocratie là où ce retour critique et ce dialogue ne sont pas rendus possibles, ce que seule une véritable politique d’éducation peut permettre. Ce n’est pas ailleurs que se joue la capacité d’émancipation des sujets, sans laquelle cet « imaginaire collectif instituant » reste une chimère.

  • 1. Greg Yudin, “The war in Ukraine: Do Russians support Putin ?”, Journal of Democracy, vol. 33, n° 3, juillet 2022, p. 31-37.
  • 2. Joseph A. Schumpeter, Capitalisme, socialisme et démocratie [1942], trad. par Gaël Fain, préface de Jean-Claude Casanova, Paris, Payot, 1990. Voir aussi Jeffrey Edward Green, The Eyes of the People: Democracy in an Age of Spectatorship, New York, Oxford University Press, 2010.
  • 3. Un mot d’esprit du footballeur russe Aleksandr Selikhov, commentant son vote pour Poutine aux élections de 2018, le dit littéralement : « J’ai voté pour le tsar. » Voir aussi le documentaire d’Antoine Vitkine, La Vengeance de Poutine (France, Galaxie Presse, 2018).
  • 4. Voir Kirill Serebrennikov, « La guerre qu’a déclenchée le pouvoir russe tue non seulement l’Ukraine, mais elle tue et détruit aussi de l’intérieur la Russie », Le Monde, 22 octobre 2022 : « La liberté, c’est quand on peut vivre sans souffrir ni être menacé d’anéantissement pour ce que l’on dit et comment on envisage le monde. »
  • 5. Luc Rouban, « L’emprise du libéralisme autoritaire en France » [en ligne], Le Baromètre de la confiance politique (Sciences Po/Cévipof), note no 1, vague 11, mars 2020 : 41 % des personnes interrogées adhéraient à l’idée qu’« en démocratie, rien n’avance, [et qu’]il vaudrait mieux moins de démocratie mais plus d’efficacité ».
  • 6. Voir l’analyse de l’oraison funèbre de Périclès par Thucydide dans Cornelius Castoriadis, La Montée de l’insignifiance. Les Carrefours du labyrinthe IV, Paris, Seuil, 1996, p. 149-150.
  • 7. Hannah Arendt, « Vérité et politique » [1967], La Crise de la culture. Huit exercices de pensée politique, trad. sous la dir. de Patrick Lévy, Paris, Gallimard, 1989.
  • 8. Voir C. Castoriadis, « Anthropogonie chez Eschyle et autocréation de l’homme chez Sophocle », Figures du pensable. Les Carrefours du labyrinthe VI, Paris, Seuil, 1999, p. 13-34 ; et C. Castoriadis, Sur Le Politique de Platon, Paris, Seuil, 1999.
  • 9. Voir Claudia Moatti, « Le germe et le kratos : réflexions sur la création politique à Athènes », dans C. Castoriadis, Thucydide, la force et le droit. Ce qui fait la Grèce III. Séminaires 1984-1985 (La création humaine, 4), éd. Enrique Escobar, Myrto Gondicas et Pascal Vernay, Paris, Seuil, 2011, p. 13-26.

Marion Bourbon

Philosophe, chercheuse associée à l’université Bordeaux Montaigne, elle a notamment publié Penser l’individu. Genèse stoïcienne de la subjectivité (Brepols, 2019).

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