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Le CrossFit, le Mixed Martial Arts et le néolibéralisme

De nouvelles disciplines sportives hybrides sont à la fois les symptômes et la préparation à des modes de vie conquérants dans des univers concurrentiels avec une recherche constante de rentabilisation, de variété et de vitesse. Brouillant la frontière entre travail et loisir, elles valorisent le dépassement de soi. 

Soit deux créations sportives qui ont en commun d’être des disciplines hybrides, originaires des États-Unis, jeunes et récemment débarquées en France où elles connaissent un essor fulgurant. D’un côté, le Mixed Martial Arts (Mma) est un sport de combat combinant diverses techniques de percussion, de projection et de soumission. Originellement, des combattants issus de styles variés s’affrontaient dans des combats minimalement réglementés afin de comparer l’efficacité de leurs spécialités respectives. Le principe de ces rencontres inter-styles, nées dans les années 1920 au Brésil, s’est exporté en 1993 aux États-Unis pour donner naissance à l’Ultimate Fighting Championship (Ufc). Le Mma est connu pour son imaginaire transgressif, à l’instar de la symbolique subversive de la « cage » où se déroulent les rencontres. Initialement vendue comme un combat « libre », la discipline a connu un mouvement ultérieur de « re-sportivisation » qui en fait aujourd’hui un « show sportif grand public et moralement acceptable[1] ». Pour autant, les critiques adressées à la discipline n’ont pas cessé, notamment en France, où nombre de dirigeants politiques et sportifs continuent d’y voir une antithèse à l’éthique sportive doublée d’une atteinte à la dignité humaine. Néanmoins, en dépit de ces stigmatisations et de l’absence d’un cadre institutionnel, le Mma ne cesse de se diffuser au sein de franges sociales diversifiées, y compris dans le milieu universitaire.

De l’autre côté, le CrossFit est une méthode de préparation physique fondée sur la combinaison d’exercices d’haltérophilie, de gymnastique et de sports d’endurance. Cette démarche est enseignée dans des salles privées franchisées, les boxes, et a pour finalité de développer dix qualités physiques dont la capacité cardio-vasculaire, la force, la souplesse, etc. Chaque séance consiste en la réalisation d’un Wod (workout of the day – « l’entraînement du jour »), enchaînement singulier de mouvements de renforcement musculaire et de séquences cardio-respiratoires. Cette méthode a été conçue, dans le courant des années 1970, par le couple Greg et Lauren Glassman, qui ouvrent, en 1995 à Santa-Cruz, leur première salle privée et diffusent, à partir de 2001, leurs routines d’entraînement sur Internet. Depuis, l’essor est fulgurant : la méthode est utilisée par les militaires, les pompiers, les sportifs de haut niveau. En dépit de vives critiques émises par certains médecins à propos du manque de rationalité des planifications, le nombre de salles privées explose, notamment dans les zones urbaines.

Certaines homologies structurales de ces deux activités interdisciplinaires révèlent un lien, commun et constitutif, avec les principes de fonctionnement du système néolibéral. Ce lien se manifeste à trois niveaux : le CrossFit et le Mma apparaissent tout d’abord comme deux champions du libéralisme, ensuite, comme des symptômes des modes de vie qu’il engendre et, enfin, comme deux modes ludiques de préparation à ses exigences concurrentielles[2].

 

Deux champions du néolibéralisme

Ces deux disciplines sont devenues, au sein du champ hautement concurrentiel du marché sportif, de véritables champions du libéralisme. Ainsi le Mma est-il aujourd’hui le sport le plus populaire chez les téléspectateurs américains âgés de 17 à 35 ans, performance non triviale au pays du sport-spectacle. Son organisation majeure, l’Ufc, salarie 550 combattants[3]. L’organisation a signé des contrats faramineux avec la chaîne nationale Fox et l’équipementier Reebok. Les produits dérivés estampillés Ufc ne sont pas en reste, à l’instar de la téléréalité The Ultimate Fighter qui en est à sa vingt-quatrième saison.

De son côté, le CrossFit est une marque déposée, qui compte plus de 13 000 boxes affiliées à travers le monde (dont 350 en France). Au sein du marché concurrentiel de la forme, on recense chaque année aux États-Unis plus de 50 % de nouveaux adeptes, pour un total de 10 millions de pratiquants. D’autre part, l’équipementier Reebok s’est investi dans le développement mondial du CrossFit, notamment en sponsorisant les CrossFit Games, organisés depuis 2007, retransmis à la télévision américaine et dotés d’un million de dollars.

Comment expliquer de tels succès commerciaux, aussi fulgurants qu’exorbitants ? Le CrossFit et le Mma attirent tout d’abord parce qu’ils innovent au moyen d’une hybridation de disciplines jusqu’alors proposées de façon cloisonnée, mais aussi par un modèle singulier de « sportivisation ». En effet, à l’opposé du schéma pyramidal, fédératif et centralisé qui structure les sports britanniques depuis la fin du xixe siècle, le Mma et le CrossFit se sont construits suivant un modèle en réseau, marchand, médiatique et extra-fédéral. Ainsi l’essor du Mma est-il porté par des sociétés privées à but lucratif commercialisant des combats professionnels. Il s’agit de vendre un combat présenté comme « ultime » (l’appellation initiale était No Holds Barred) en cherchant à faire sensation auprès du grand public. La finalité explicite est de produire un spectacle télégénique. Dès son origine, l’organisation s’enracine dans le secteur de l’entertainment, le premier tournoi de son histoire étant le fruit d’une collaboration d’un combattant de jujitsu brésilien émigré en Californie avec deux producteurs hollywoodiens. De son côté, le CrossFit est une marque franchisée, qui tisse un réseau de salles privées affiliées et organise un circuit de compétitions à l’échelle mondiale, indépendamment de l’autorité d’une quelconque instance centralisatrice. Dans les deux cas, un pilotage économique par le siège social de l’entreprise qui ramifie son réseau. Semble ainsi se jouer, dans le Mma et le CrossFit, une critique en acte des modes bureaucratiques de gouvernance du mouvement olympique.

Ce modèle singulier de « sportivisation » s’épanouit à une échelle mondialisée en prenant appui sur la toile numérique. En effet, le Mma est diffusé sur Internet en pay-per-view et sur les sites de partage de vidéos, formant ainsi des communautés de pratiquants inextricablement physiques et numériques. Un tel fonctionnement, mondialisé, rhizomatique et numérique, se retrouve dans le CrossFit : en effet, des exercices sont déposés chaque jour sur le site de la marque, puis relayés sur les réseaux sociaux. En outre, les premières phases de sélection pour les CrossFit Games se déroulent « en ligne », chaque concurrent se filmant en train de réaliser le parcours d’exercices imposé.

Les deux disciplines innovent enfin en proposant un marketing conquérant qui transparaît notamment dans l’esthétique futuriste et agressive des logos ainsi que dans la tonalité belliqueuse des slogans. Ainsi, du côté du CrossFit, avance-t-on des formules telles que “tears, sweat and blood” ou “it’s just you against yourself” (« des larmes, de la sueur et du sang » ; « vous êtes votre propre adversaire »).

Ces divers leviers d’innovation ont permis au Mma comme au CrossFit de conquérir de nouvelles parts de marché, au point de devenir deux champions du néolibéralisme. Une telle réussite est également due à l’adéquation de ces offres sportives aux modes de vie actuels des acteurs de ce système néolibéral, incarnés par la figure du jeune cadre dynamique, évoluant à un rythme effréné dans un univers urbain et concurrentiel. En plus d’être des émanations du libéralisme, le Mma et le CrossFit en apparaissent donc comme des symptômes aigus.

 

Les modes de vie du néolibéralisme

Si le Mma et le CrossFit attirent autant, c’est qu’ils constituent des offres sportives particulièrement congruentes avec les modes de vie urbains et actifs des protagonistes du libéralisme. Ces deux disciplines sont particulièrement prisées par les (futurs) cadres, ingénieurs et membres des professions intellectuelles. Elles sont, par exemple, de plus en plus enseignées dans les universités et les grandes écoles. Les salles privées de Mma et de CrossFit sont en outre fréquemment implantées dans les zones huppées des grandes villes commerçantes ou encore dans leur quartier d’affaires. Les deux disciplines sont proposées dans des clubs fermés et dans les comités d’entreprise de grandes firmes. Les jeunes cadres dynamiques, qui vont vite et « en veulent » beaucoup, y retrouvent les valeurs cardinales du système néolibéral comme la quête d’efficience, de rentabilité et de dépassement.

Dans le cadre du CrossFit, il s’agit d’effectuer une dépense énergétique maximale en un minimum de temps, les exercices n’excédant jamais les quarante minutes. Afin d’« en avoir pour son temps[4] », les séquences de travail s’avèrent extrêmement rudes ; chaque séance est présentée comme un « nouveau challenge ». Les CrossFitters revendiquent à cet égard « une culture de l’intensité contre celle du faut-pas-trop-forcer[5] ». Dans une logique du no pain, no gain, il s’agit de s’engager dans une quête perpétuelle de dépassement, quête à laquelle est systématiquement encouragé l’acteur du système néolibéral, organisé par des objectifs à atteindre. À cet égard, les performances des pratiquants sont régulièrement quantifiées et mises en ligne sur les réseaux sociaux. Chaque box décerne également le titre du « meilleur CrossFitter de la semaine ». Enfin, soucieuse d’éviter la lassitude de leurs clients, les gérants de boxes se targuent de « ne jamais proposer deux séances identiques ». Cette précaution nous semble d’autant plus décisive dans une ère où l’on se lasse aussi vite que l’on se passionne.

Un système de valeurs homologue structure l’engagement des pratiquants de Mma. La discipline permet tout d’abord de s’adonner à plusieurs sports de combat dans une même unité de temps et de lieu, sans renoncer à aucune spécialité. En effet, dans un contexte croissant de pénurie temporelle, chaque individu vise, paradoxalement, à multiplier le nombre d’expériences vécues[6]. La combinaison martiale que constitue le Mma semble satisfaire cette ambition puisqu’elle permet tout à la fois de diversifier les zones musculaires travaillées, les filières énergétiques sollicitées, ainsi que l’éventail des techniques apprises. Une telle offre pugilistique pluridisciplinaire permet de varier le contenu des séances afin d’éviter toute monotonie. Le Mma autorise également des progrès rapides, en lien avec sa moindre spécialisation technique : en effet, il y est possible de s’améliorer sur certains secteurs de combat alors même que l’on stagne dans d’autres domaines. En outre, le souci de pureté technique étant moindre que dans les sports de combat conventionnels, le pratiquant se voit imposer des quantités inférieures de répétitions.

En définitive, le Mma et le CrossFit peuvent être considérés comme des révélateurs précis de tendances lourdes d’évolution de nos modes de vie hyperactifs marqués par un souci de rentabilisation, de variété et de vitesse. En ce sens, les deux disciplines peuvent être appréhendées comme des symptômes du libéralisme, à moins qu’elles ne contribuent aussi à préparer singulièrement les pratiquants à ses exigences propres.

 

Se préparer au néolibéralisme ?

Le Mma et le CrossFit, émanations et symptômes du néolibéralisme, constituent peut-être plus fondamentalement des espaces ludiques au sein desquels les pratiquants vont acquérir des dispositions corporelles, éthiques et affectives, qui les rendront aptes à s’investir efficacement dans le système néolibéral.

En référence à la « cité par projet », le « nouvel esprit du capitalisme » s’est constitué en intégrant la critique dite « artiste » de l’ancien capitalisme industriel : sont désormais valorisées les qualités de créativité, d’autonomie et d’adaptabilité[7]. Ces capacités coïncident avec la réorganisation du travail suivant le format du réseau : s’y manifestent un rejet des hiérarchies fixes et descendantes, un fonctionnement par projet et une direction par les objectifs. Au sein de ce système, sera considéré comme « grand » un acteur capable de polyvalence, de mobilité et de flexibilité, mais également de dépassement, d’efficacité et de rentabilité. Le Mma et le CrossFit vont apparaître comme des espaces particulièrement efficaces pour développer cet ensemble de qualités valorisées dans la nouvelle cité connexionniste. Ces disciplines constituent, au corps désirant des pratiquants, de véritables programmes pédagogiques de formation néolibérale[8].

Les pratiquants apprennent à devenir polyvalents, flexibles et adaptables. Le Mma prépare ses adeptes à devenir des « décathlètes des sports de combat ». Ainsi un combattant de l’Ens déclare-t-il : « Si je devais choisir le sportif le plus complet, je choisirais un combattant de Mma. La recherche de polyvalence m’intéresse : je veux pouvoir changer du tout au tout ; ne pas forcément être le meilleur dans un rôle mais pouvoir jouer chaque rôle. Dans ma carrière professionnelle, je recherche aussi la polyvalence ; être dans un sujet spécifique, puis en changer. » Les pratiquants suggèrent d’eux-mêmes un lien entre leurs motivations à pratiquer un sport pluridisciplinaire et la polyvalence visée dans leur future carrière professionnelle. Leur engagement dans le Mma s’entend alors comme une forme de « socialisation anticipatrice[9] », qui consiste à préparer son entrée dans le groupe de référence en en intégrant précocement les valeurs structurantes. De son côté, le CrossFit se donne comme « spécificité de ne pas spécialiser ». L’enjeu consiste à « être globalement bon à tout type d’exercices », à « s’adapter sans cesse à de nouveaux mouvements », en un mot, à « être prêt pour l’imprévisible » car « celui qui survit est celui qui peut s’adapter ». La nécessité d’apprendre à gérer l’incertitude est d’autant plus déterminante sur un marché du travail instable et dérégulé.

Mais ce marché est également hautement concurrentiel, et pour s’y préparer il convient d’apprendre à se dépasser, ce à quoi le CrossFit et le Mma se targuent de pouvoir contribuer. L’apprentissage du dépassement est un argument central dans la rhétorique diffusée sur les sites internet des salles privées. Guillaume Vallet évoque un « idéal de corps productif et performant, adaptable et améliorable dans la souffrance », lequel rentre dans une « logique très capitaliste » : c’est en effet « par elle que l’on se hiérarchise par rapport aux autres[10] ». L’apprentissage de ce dépassement, qu’autorise le CrossFit, s’inscrit parfaitement dans le « succès du nouvel esprit du capitalisme » qui consiste à « amener les gens à s’exploiter eux-mêmes plus librement, entièrement et intensément que jamais » : « pour résister à de telles conditions [de travail], il faut s’insensibiliser à ses propres souffrances[11] ». Le CrossFit pourrait former ses adeptes à une telle anesthésie critique.

Le dépassement doit permettre in fine un gain en productivité. Le Mma aussi bien que le CrossFit visent explicitement cette finalité pragmatique puisqu’il s’agit, dans les deux cas, de gagner en efficacité dans des contextes réalistes. Le Mma se démarque tout d’abord du caractère décontextualisé de nombreux sports de combat traditionnels, dont les pratiquants souhaitent s’affranchir. Le CrossFit, en dehors de toute considération esthétique (les boxes se targuent de ne pas avoir de miroir), poursuit une même visée utilitaire puisqu’il s’agit de privilégier les « gestes de tous les jours pour se faciliter la vie au quotidien ». Pour ce faire, sont principalement utilisés des mouvements globaux, fonctionnels, voire naturels (pousser, tirer, lancer…).

***

Un paradoxe surgit néanmoins : émanations originelles du néolibéralisme, ces deux activités sont aujourd’hui massivement pratiquées, sur leur temps libre (qui est littéralement un temps libéré sur le travail), par des sportifs amateurs. Pourtant, ces disciplines sportives sont apparues comme propédeutiques au marché du travail. Le concept de temps libre est-il encore approprié quand le contenu des activités qui le remplissent se rapproche si étroitement de l’univers du travail ? Peut-on encore parler de loisir lorsque l’activité que l’on y pratique est la continuation du travail (on y parle la même langue de la performance, du dépassement et de l’adaptabilité) en même temps que sa meilleure préparation ? La disparition d’une frontière franche entre le loisir et le travail ainsi que la généralisation d’une temporalité poreuse ne constitueraient-elles pas finalement la plus grande révolution du néolibéralisme, en ce qu’il a déplacé la contrainte extérieure appliquée sur les agents en un autocontrôle incorporé et une surveillance constante de soi à des fins de productivité ?

 

[1] Matthieu Delalandre et Matthieu Quidu, « Arts martiaux mixtes », dans, Bernard Andrieu (sous la dir. de), Vocabulaire international de philosophie du sport, Paris, L’Harmattan, 2015.

[2] Depuis les années 1970, Jean-Marie Brohm propose une critique freudo-marxiste du sport considéré comme émanation du capitalisme industriel. Voir Jean-Marie Brohm, Sociologie politique du sport, Paris, Delarge, 1976 et La tyrannie sportive, Paris, Beauchesne, 2006. Le sport remplirait une fonction d’« opium du peuple », étouffant la critique des dérives aliénantes du productivisme. Une telle approche nous semble obsolète dans la mesure où, depuis, n’ont cessé d’évoluer le type de pratiques sportives, la nature des systèmes économiques et leurs liens réciproques. Cette contribution, à partir d’une analyse croisée du Mma et du CrossFit, propose de réactualiser cette réflexion.

[3] Thierry Blin, « Sur les nouveaux gladiateurs du free fight », Le Débat, mars-avril 2013, p. 159-170.

[4], Matthieu Quidu, « Les activités sportives hybrides comme réponse à l’accélération des rythmes de vie », Temporalités, n° 25, 2017.

[5] Guillaume Gendron, « CrossFit : les forçats de l’haltère », Libération, le 31 octobre 2014.

[6] Hartmut Rosa, Aliénation et accélération. Vers une théorie critique de la modernité tardive, trad. par Thomas Chaumont, Paris, La Découverte, 2010.

[7] Luc Boltanski et Ève Chiapello, Le nouvel esprit du capitalisme, Paris, Gallimard, 1999.

[8] Éric Hazan soutient que les valeurs du néolibéralisme s’incrustent inconsciemment dans la chair des agents par le biais d’un idiome spécifique. La présente réflexion suggère une autre forme d’incorporation de la rhétorique libérale, par l’intermédiaire de la pratique sportive. Voir Éric Hazan, Lqr. La propagande au quotidien, Paris, Raisons d’agir, 2006. Daniel Denis considère le scoutisme, dans la Grande-Bretagne du début du début du xxe siècle, comme un programme d’incorporation des valeurs coloniales, destiné à la future élite impériale. Voir Daniel Denis, « Le sport et le scoutisme, ruses de l’histoire », dans Nicolas Bancel et al. (sous la dir. de), De l’Indochine à l’Algérie. Paris, La Découverte, 2003, p. 195-209.

[9] Robert King Merton, Éléments de théorie et de méthode sociologique [1957], trad. par Henri Mendras, Paris, Armand Colin, 1997.

[10] Cité par O. Gendron, art. cité.

[11] Olivier Abel, « Les arts dans la cité après Le nouvel esprit du capitalisme », Autres temps, n° 66, 2000, p. 37-60.

Maxime Quidu

Enseignant à l'Ecole normale supérieure.

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