Do not follow this hidden link or you will be blocked from this website !

Dans le même numéro

Le marché des hauts fonctionnaires. De l’ENA à l’INSP

Le nouvel Institut national du service public, créé en remplacement de l’École nationale d’administration, ne favorise pas l’accès de profils sociologiquement plus variés. Son effet principal est la suppression des grands corps de l’État, donc l’ouverture d’un marché de la haute fonction publique.

En annonçant sa décision de supprimer l’École nationale supérieure (ENA) le 8 avril 2021, le président de la République Emmanuel Macron entendait envoyer un signal politique fort dans une France marquée par le mouvement des Gilets jaunes et un sentiment anti-élite croissant. S’inscrivant dans une longue tradition de critiques à l’égard d’une école régulièrement érigée en symbole de la reproduction sociale qui caractérise le recrutement des élites en France, il revendiquait de mettre un terme à ce qu’il rapprochait d’un système de « rente », permettant à un petit nombre d’individus d’accéder « à 25 ans » à des carrières toutes tracées dans les plus hautes sphères de l’administration. Moins de dix mois plus tard, le Premier ministre inaugurait l’établissement appelé à reprendre le flambeau du recrutement et de la formation des hauts fonctionnaires en France : l’Institut national du service public (INSP). Au-delà d’un changement de nom, la différence entre le nouvel institut et l’ancienne école n’est à première vue pas aisée à discerner pour un observateur extérieur, et pour cause : au moment de son inauguration, la réforme des modes d’accès à cet établissement aussi bien que celle du contenu de la formation demeuraient largement en chantier. Dans ce contexte, il serait tentant de conclure en mobilisant la formule devenue incontournable dans la haute administration pour qualifier les tentatives récurrentes de réforme de l’ENA : « Il fallait que tout change p

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !

Natacha Gally

Natacha Gally est maîtresse de conférences en science politique à l'université Paris Panthéon Assas et chercheuse au CERSA (Centre d'études et de recherches en sciences administrative et politique). Ses travaux portent sur les transformations de l'État et de la haute fonction publique dans une perspective comparative. 

Dans le même numéro

La démocratie des communs

Les « communs », dans leur dimension théorique et pratique, sont devenus une notion incontournable pour concevoir des alternatives à l’exclusion propriétaire et étatique. Opposés à la privatisation de certaines ressources considérées comme collectives, ceux qui défendent leur emploi ne se positionnent pas pour autant en faveur d’un retour à la propriété publique, mais proposent de repenser la notion d’intérêt général sous l’angle de l’autogouvernement et de la coopération. Ce faisant, ils espèrent dépasser certaines apories relatives à la logique propriétaire (définie non plus comme le droit absolu d’une personne sur une chose, mais comme un faisceau de droits), et concevoir des formes de démocratisation de l’économie. Le dossier de ce numéro, coordonné par Édouard Jourdain, tâchera de montrer qu’une approche par les communs de la démocratie serait susceptible d’en renouveler à la fois la théorie et la pratique, en dépassant les clivages traditionnels du public et du privé, ou de l’État et de la société.