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Que sont devenus les partis-mouvements ? La France insoumise et La République en marche depuis 2017

LREM et LFI incarnent une nouvelle forme de mobilisation politique qui, sous couvert d’échapper à la bureaucratie, se passe des dispositifs censés garantir le pluralisme. Caractérisés par une forte personnalisation et un fonctionnement vertical, ces partis-mouvements sont moins destinés à construire la vie politique qu’à préparer l’échéance électorale.

La campagne présidentielle de 2017 a été marquée par l’irruption de nouvelles formations politiques, La République en marche (LREM) et La France insoumise (LFI), portant les ambitions de leur candidat, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon. Alors que, dans le modèle des partis traditionnels, le parti fabrique le candidat (par des primaires fermées ou ouvertes), c’est ici le candidat qui crée de manière ad hoc une structure pour asseoir la mobilisation électorale. Les deux organisations ont ainsi été créées par le haut au moment de l’élection présidentielle de 2017 par un candidat, certes autoproclamé, mais qui cherche à appuyer son ambition sur une structure collective.

LREM et LFI présentent de grandes divergences sur le plan idéologique mais elles convergent d’un point de vue organisationnel1 : elles se présentent comme des « mouvements » fortement inclusifs, souples, conjuguant horizontalité participative et verticalité décisionnelle et cherchent à se démarquer des partis installés dans le système politique, jugés trop bureaucratiques. Tant du côté de LFI que de LREM, le Parti socialiste, dont beaucoup de cadres sont issus, constitue un contre-modèle explicite. Comment ces « mouvements » ont-ils évolué depuis 2017 ? Ils deviennent juridiquement des partis une fois les scrutins présidentiel et législatif passés, touchant une dotation publique annuelle de fonctionnement (plus 20 m

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Rémi Lefebvre

Professeur de science politique à l’université de Lille et chercheur au Centre d’études et de recherches administratives, politiques et sociales (CERAPS), il vient de publier Les mots des partis politiques (Presses universitaires du Mirail, 2022).

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Comment écrire l’histoire des marges ? Cette question traverse l’œuvre de Michel de Certeau, dans sa dimension théorique, mais aussi pratique : Certeau ne s’installe en effet dans aucune discipline, et aborde chaque domaine en transfuge, tandis que son principal objet d’étude est la façon dont un désir fait face à l’institution. À un moment où, tant historiquement que politiquement, la politique des marges semble avoir été effacée par le capitalisme mondialisé, l’essor des géants du numérique et toutes les formes de contrôle qui en résultent, il est particulièrement intéressant de se demander où sont passées les marges, comment les penser, et en quel sens leur expérience est encore possible. Ce dossier, coordonné par Guillaume Le Blanc, propose d’aborder ces questions en parcourant l’œuvre de Michel de Certeau, afin de faire voir les vertus créatrices et critiques que recèlent les marges. À lire aussi dans ce numéro : La société française s’est-elle droitisée ?, les partis-mouvements, le populisme chrétien, l’internement des Ouïghours, le pacte de Glasgow, et un tombeau pour Proust.