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Photo : Akshar Dave via Unsplash
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Les plateformes, nouveaux censeurs ?

Les espaces comme Twitter ou Facebook font-ils de la modération ou exercent-ils une nouvelle forme de censure quand ils suppriment un contenu ? La suppression récente du compte Twitter de Donald Trump, à l’issue de l’insurrection du Capitole, constitue le dernier épisode de ce débat au long cours sur le rôle des plateformes. Elle met également en lumière la nécessité d’adapter la législation.

La suppression des comptes de Donald Trump sur les réseaux sociaux en janvier 2021 a fait couler beaucoup d’encre quant aux pouvoirs de censure dont disposent aujourd’hui les principales plateformes d’Internet. Après la « suspension permanente » de son compte Twitter pour incitation à la violence suite à l’invasion du Capitole, ce sont Facebook et YouTube qui ont supprimé ou suspendu les principaux canaux de communication numériques du président des États-Unis. Au même moment, Apple et Google retiraient de leurs magasins d’applications le réseau social Parler, prisé des milieux conservateurs américains.

Modération ou censure ?

Ces sanctions inédites ont donné lieu à des interprétations diverses. D’un côté, les partisans de ces mesures ont souligné que les réseaux sociaux étaient des espaces privés, qui disposaient de leurs propres règles de publication et qu’à ce titre, les plateformes étaient libres de supprimer les comptes des utilisateurs qui ne les respectaient pas, quels qu’ils soient. D’ailleurs, ce sont les comptes personnels de Donald Trump qui ont été supprimés (@realDonaldTrump sur Twitter par exemple) et non les canaux officiels de communication de la Maison Blanche (@POTUS) : les actions de Twitter, Facebook et Google relèveraient donc d’actes légitimes de modération, et en aucun cas d’une forme de censure politique. La critique émise à l’encontre des plateformes a plutôt trait à leur manque de diligence (le président américain n’en étant pas à

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Romain Badouard

Maître de conférences en sciences de l'information et de la communication à l'Université Paris II Panthéon-Assas, Romain Badouard est également chercheur au CARISM et enseignant à l'Institut français de presse. Il a publié Le Désenchangement de l'internet. Désinformation, rumeur, propagande (Fyp, 2017).

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On oppose souvent science et croyance, comme si ces deux régimes de discours n’avaient rien de commun. Pourtant, l’expérience nous apprend que c’est généralement quand l’un des deux fait défaut que l’autre subit une crise. Dans le contexte pandémique actuel, l’incapacité des experts et des gouvernants à rendre compte dans l’espace public des conditions selon lesquelles s’élaborent les vérités scientifiques, aussi bien qu’à reconnaître la part de ce que nous ne savions pas, a fini par rendre suspecte toute parole d’autorité et par faciliter la circulation et l’adhésion aux théories les plus fumeuses. Comment s’articulent aujourd’hui les registres de la science et de la croyance ? C’est à cette question que s’attache le présent dossier, coordonné par le philosophe Camille Riquier, avec les contributions de Jean-Claude Eslin, Michaël Fœssel, Bernard Perret, Jean-Louis Schlegel, Isabelle Stengers. À lire aussi dans ce numéro : l’avenir de l’Irak, les monopoles numériques, les enseignants et la laïcité, et l’écocritique.