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Les enseignants et la laïcité. À propos d’une enquête récente

Les enseignants français exercent-ils désormais leur métier sous la pression de la religion ? C’est ce qu’affirme une enquête de la Fondation Jean-Jaurès qui dresse, au prix de nombreuses confusions et parti pris, un panorama alarmiste de l’enseignement de la laïcité en France.

L’assassinat du professeur d’histoire-géographie Samuel Paty par un terroriste islamiste, à la sortie de son collège de Conflans-Saint-Honorine le 16 octobre 2020, suite à un cours d’enseignement moral et civique assuré deux semaines plus tôt au cours duquel il avait montré des caricatures du prophète musulman provenant du journal Charlie Hebdo, a situé dans un cadre émotionnel inédit pour les enseignants une pratique professionnelle de l’éducation à la laïcité déjà inscrite de longue date dans les programmes scolaires1. Cet événement dramatique a de nouveau entraîné une mise à l’agenda de la laïcité dans les débats en pointant une défaillance au sein de l’institution scolaire de sa transmission, articulée régulièrement à la montée de l’intégrisme musulman et à la défiance d’une partie des élèves musulmans envers les valeurs de la République, déjà documentée2.

C’est dans ce contexte que Iannis Roder, professeur d’histoire-géographie, également membre du Conseil des sages de la

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Sébastien Ledoux

Enseignant-chercheur en histoire contemporaine (Université Paris 1/Sciences Po Paris), Sébastien Ledoux consacre ses travaux aux questions mémorielles. Il a publié Le devoir de mémoire. Une formule et son histoire (CNRS Éditions, 2016) et plus récemment Les lois mémorielles en Europe/dir., 2020 et La nation en récit, (Belin, 2021). Il a également effectué une enquête de trois ans sur le monde…

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On oppose souvent science et croyance, comme si ces deux régimes de discours n’avaient rien de commun. Pourtant, l’expérience nous apprend que c’est généralement quand l’un des deux fait défaut que l’autre subit une crise. Dans le contexte pandémique actuel, l’incapacité des experts et des gouvernants à rendre compte dans l’espace public des conditions selon lesquelles s’élaborent les vérités scientifiques, aussi bien qu’à reconnaître la part de ce que nous ne savions pas, a fini par rendre suspecte toute parole d’autorité et par faciliter la circulation et l’adhésion aux théories les plus fumeuses. Comment s’articulent aujourd’hui les registres de la science et de la croyance ? C’est à cette question que s’attache le présent dossier, coordonné par le philosophe Camille Riquier, avec les contributions de Jean-Claude Eslin, Michaël Fœssel, Bernard Perret, Jean-Louis Schlegel, Isabelle Stengers. À lire aussi dans ce numéro : l’avenir de l’Irak, les monopoles numériques, les enseignants et la laïcité, et l’écocritique.