Violence et islam

Entretiens avec Houria Abdelouahed


Dans ces entretiens, proches d’une conversation à bâtons rompus entre deux interlocuteurs qui apportent chacun de l’eau au moulin de leurs convictions partagées, le poète arabe Adonis et H. Abdelouahed, sa traductrice, par ailleurs psychanalyste et enseignante en université, se livrent à un réquisitoire sans réserves ni concessions contre l’islam comme religion. L’arbre se juge à ses fruits, telle est la ligne d’argumentation, et ces fruits sont catastrophiques. L’islam n’aurait, depuis ses origines, rien apporté à la création, à l’art, à la culture, à la pensée. Il a corrompu et détruit la civilisation et même la langue arabe. Les créateurs arabes ont toujours dû s’émanciper de la chape de plomb imposée dès le temps du Coran. L’histoire de l’islam est celle de la violence contre l’autre en lui et hors de lui (les femmes, les croyants différents – tels les mystiques –, les croyants des autres religions, les non-croyants, les philosophes, les écrivains, les artistes…). Même couverte par l’autorité et le talent du poète, une accusation aussi globale et indifférenciée, soutenant « que toute notre histoire a été falsifiée », laisse un malaise au lecteur : si ce bilan d’un si long passé et d’une religion si considérable – ne fût-ce que par le nombre – comporte certainement du vrai, sa radicalité sans nuances décourage jusqu’à l’idée d’une réforme.

J.-L. S.

Le Seuil, 2015
189 p. 18 €