Les Habits neufs de la droite française
Nicolas Sarkozy propose-t-il une nouvelle
synthèse aux courants de la droite en
France ? Sa nouveauté vient-elle seulement
de son style personnel ou tient-elle aussi
au traitement des idées, à un projet doctrinal
? À partir d’un travail de documentation
solide, qui ne se contente pas d’un
décryptage médiatique mais porte avant
tout sur les livres et les discours, les deux
auteurs, qui travaillent aux études du parti
socialiste, apportent une réponse nuancée.
Le chef de l’UMP apparaît en effet moins
soucieux de trancher entre différentes traditions
contradictoires de la droite (libéralisme,
gaullisme, atlantisme, réformisme,
conservatisme…) que de déplacer le débat
politique sur le terrain des valeurs, en mettant
en exergue la volonté, l’effort, le
mérite. Si le Sarkozisme existe, il relève
plus d’une rhétorique que d’une doctrine.
C’est essentiellement une « culture du
conflit » qui excelle à mettre un sujet sous
tension puis à se situer au centre de la
controverse, en insistant sur le « ressenti »
de l’opinion plus que sur des faits objectifs,
et enfin à trouver une solution « pragmatique
», qui consiste néanmoins toujours
à prôner le libre choix personnel. C’est
ainsi que s’assemble la synthèse du « libéralisme
autoritaire », mixte de responsabilisation
individuelle et de dirigisme étatique
(au demeurant peu convainquant lors
de son passage au ministère de l’Économie
et des Finances), qui fait l’originalité du
candidat de la « rupture ».
M.-O. P.
synthèse aux courants de la droite en
France ? Sa nouveauté vient-elle seulement
de son style personnel ou tient-elle aussi
au traitement des idées, à un projet doctrinal
? À partir d’un travail de documentation
solide, qui ne se contente pas d’un
décryptage médiatique mais porte avant
tout sur les livres et les discours, les deux
auteurs, qui travaillent aux études du parti
socialiste, apportent une réponse nuancée.
Le chef de l’UMP apparaît en effet moins
soucieux de trancher entre différentes traditions
contradictoires de la droite (libéralisme,
gaullisme, atlantisme, réformisme,
conservatisme…) que de déplacer le débat
politique sur le terrain des valeurs, en mettant
en exergue la volonté, l’effort, le
mérite. Si le Sarkozisme existe, il relève
plus d’une rhétorique que d’une doctrine.
C’est essentiellement une « culture du
conflit » qui excelle à mettre un sujet sous
tension puis à se situer au centre de la
controverse, en insistant sur le « ressenti »
de l’opinion plus que sur des faits objectifs,
et enfin à trouver une solution « pragmatique
», qui consiste néanmoins toujours
à prôner le libre choix personnel. C’est
ainsi que s’assemble la synthèse du « libéralisme
autoritaire », mixte de responsabilisation
individuelle et de dirigisme étatique
(au demeurant peu convainquant lors
de son passage au ministère de l’Économie
et des Finances), qui fait l’originalité du
candidat de la « rupture ».
M.-O. P.