Les Mormons

De la théocratie à Internet


 

 

 

Ces deux ouvrages – mais bien d’autres ont été publiés sur le sujet à la faveur de l’élection américaine – retracent l’histoire de cette religion made in Usa, et son évolution depuis le « père fondateur » Joseph Smith jusqu’à l’incarnation de l’homme d’affaires américain qu’est aujourd’hui Mitt Romney. Le livre de Bernadette Rigal-Cellard est plus historique, plus centré aussi sur la dimension religieuse du mormonisme, là où celui d’Alain Gillette, plus critique, rend compte de la puissance de l’Église mormone, de son rayonnement international (rappelons que le premier temple mormon de France doit voir le jour au Chesnay, dans les Yvelines, et que ce projet suscite force controverses) et de sa gestion entrepreneuriale. Ce qui frappe, c’est le paradoxe profond d’une religion qui, d’une part, reste vue comme une hérésie par de nombreux chrétiens, et demeure mystérieuse et suspecte pour beaucoup d’Américains, et d’autre part exalte l’esprit américain : les fondateurs du mormonisme étaient en effet des pionniers, qui ont conquis les terres arides de l’Utah après avoir été chassés, entre autres, de l’État de New York, et nombre de grands hommes d’affaires américains (comme le directeur de la chaîne d’hôtels Marriott) sont aujourd’hui des mormons, pour lesquels l’initiative individuelle et la réussite (des hommes tout du moins…) sont des éléments essentiels de leur foi comme de leur appartenance nationale.

A. B.

 

 

 

Desclée de Brouwer, 2012
402 p. 27 €