LA REMONTÉE DU SUD
Afghans et Marocainsen Europe méridionale
Il y a le cosmopolitisme des élites de la mondialisation qui font le tour du monde en passant d’un lieu de connexion à l’autre. Mais il y a un autre cosmopolitisme, négatif et guère ludique celui-ci, qui concerne les migrants transnationaux qui ne s’installent pas dans les pays (qui ne sont plus des pays d’accueil) et ne reviennent pas aux pays en dépit des appels au codéveloppement. Ces migrants mobiles qui ne cessent de circuler constituent une population irrégulière permanente qui a ses propres règles, ses cachettes et ses bulles invisibles. En prenant le double exemple des migrants afghans et marocains, Alain Tarrus décrit ces parcours inattendus et montre avec réalisme comment ces populations font preuve de savoir-faire (savoir passer les frontières, savoir faire réseau…) et comment les politiques migratoires privilégiées aujourd’hui à peu près partout sont défaillantes. Pour ces migrants transnationaux, ni l’intégration, ni le retour ne sont des choix concevables. « Ces migrants-là généralisent des mobilités de fourmis qui s’amplifient, au lieu de s’épuiser dans la sempiternelle concentration des populations autour de diverses zones d’activités industrielles, agricoles ou de services, de chantiers de la misère […] Minoritaires, certes, mais acteurs remarquables des circulations transnationales, demeurant attachés à leurs lieux et milieux d’origine, organisés en réseaux déjà mondialisés, ils produisent une nouvelle forme migratoire lourde de sens pour l’ensemble des populations et des États. »
O. M.
O. M.