La biorégion urbaine

Petit traité sur le territoire bien commun


L’auteur du Projet local est devenu une référence incontournable en Europe en raison des projets qu’il réalise avec ses équipes (liées à l’Université ou à des municipalités) dans le nord de l’Italie ou ailleurs. Chez lui, il n’y a pas d’opposition entre la théorie et la pratique, dans la mesure où les actions conduites (et présentées dans cet ouvrage) sont autant d’exemples de ce qu’il faut essayer de faire aujourd’hui. Le retournement intellectuel et politique qui les sous-tend, et qui les oppose à la grande majorité des approches urbanistiques en cours, réside dans le fait que Magnaghi prend acte de la prévalence des flux sur les lieux (territoires et paysages) dans le cadre de la mondialisation urbaine qui affecte l’Europe comme les pays émergents. En effet, loin de défendre le local contre le global et d’adopter une posture défensive et réactive, ce petit traité destiné à valoriser des concepts (bien commun, biorégion…) est une invitation à concevoir des pratiques citoyennes et démocratiques susceptibles de pacifier les flux et donc d’accompagner la reconfiguration des territoires. La question n’est donc pas de s’extraire du global (entendu dans toutes ses dimensions) mais de réinventer du local (au sens ici de la région) dans un univers globalisé sur le mode de collectifs citoyens. Un vrai projet politique qui souligne bien que la démocratie urbaine n’est pas une fiction.

 

O. M.

EterotopiaFrance/Rhizome, 2014,
15 p.