La Construction de soi
Un usage de la philosophie
Les plus réticents à accepter les écrits
qui présentent la philosophie comme un art
de vivre, ou comme une sagesse dans la tradition
des stoïciens que les travaux de
Pierre Hadot ont réactualisés ne seront
peut-être pas insensibles à ce livre qui se
présente sous la forme de lettres adressées
à Dame Philosophie. L’auteur d’Éloge de la
faiblesse et du Métier d’homme, qui ne
cache pas ses handicaps et les dix-sept
années passées dans une institution, a un
seul parti pris : celui d’un apprentissage de
la vie au sens de Spinoza, au sens du conatus,
du désir de vivre. Ce qui signifie le
refus de la haine de soi et de l’humiliation,
mais aussi la prise de conscience que la
philosophie n’est pas une médecine et
qu’elle n’a pas pour mission de guérir. À
distance des traités de sagesse qui ont une
coloration thérapeutique, Alexandre Jollien
a écrit en philosophe rigoureux un livre de
vie où il est affirmé que le mieux est de ne
pas croire que l’on peut guérir. Si l’on peut
vivre mieux, voire au mieux, avec ses handicaps,
on ne guérit jamais de nos faiblesses,
qu’elles soient physiques ou psychiques.
O. M.
qui présentent la philosophie comme un art
de vivre, ou comme une sagesse dans la tradition
des stoïciens que les travaux de
Pierre Hadot ont réactualisés ne seront
peut-être pas insensibles à ce livre qui se
présente sous la forme de lettres adressées
à Dame Philosophie. L’auteur d’Éloge de la
faiblesse et du Métier d’homme, qui ne
cache pas ses handicaps et les dix-sept
années passées dans une institution, a un
seul parti pris : celui d’un apprentissage de
la vie au sens de Spinoza, au sens du conatus,
du désir de vivre. Ce qui signifie le
refus de la haine de soi et de l’humiliation,
mais aussi la prise de conscience que la
philosophie n’est pas une médecine et
qu’elle n’a pas pour mission de guérir. À
distance des traités de sagesse qui ont une
coloration thérapeutique, Alexandre Jollien
a écrit en philosophe rigoureux un livre de
vie où il est affirmé que le mieux est de ne
pas croire que l’on peut guérir. Si l’on peut
vivre mieux, voire au mieux, avec ses handicaps,
on ne guérit jamais de nos faiblesses,
qu’elles soient physiques ou psychiques.
O. M.