L’AUBE DES TRADUCTEURS.
De l’hébreu au grec : traducteurs et lecteurs de la Bible des Septantes (IIIe siècle av. J.-C.-IVe siècle apr. J.-C.)
Pour nous la traduction va de soi, au point que nous n’imaginons pas qu’on puisse ne pas traduire. Il y eut pourtant, en des temps où l’on ne traduisait pas (quand il y avait une langue sainte vouée au Dieu ou révélée par lui), une décision de traduire et de ne pas obliger « les autres » à venir à la langue initiale. Faisant preuve d’une belle maîtrise des humanités savantes sur un tel sujet, l’auteur livre, à propos de la traduction de la Bible en grec au IIIe siècle av. J.-C., un petit essai très brillant sur « cette aube des traducteurs et de la traduction ». Il s’intéresse à tout : aux lettres alphabétiques, aux langues, aux résistances, aux légendes et aux mythes qui ont entouré cet événement, et bien sûr aux traducteurs eux-mêmes, à leurs « solutions » pour traduire certains termes (comme le tétragramme YHWH), aux lecteurs juifs et chrétiens qui ont eu cette traduction en main et à leurs réactions, donc aussi à la tradition de la traduction et de l’interprétation – en l’occurrence prodigieuse pour l’histoire juive et chrétienne ultérieure, et bien au-delà d’elle.
J.-L. S.
J.-L. S.