L’ÂME INSURGÉE.

Écrits sur le romantisme


Cet ouvrage, qui rassemble des textes d’Armel Guerne, permet de faire connaissance avec un auteur méconnu dont la vigueur fut saluée aussi bien par André Breton, Maurice Blanchot, Georges Bernanos que par Yves Bonnefoy et son ami Cioran. Résistant, membre du réseau Prosper-­Physician du service secret britannique, traducteur du prix nobel Kawabata, A. Guerne a toujours accordé, méfiant qu’il était envers «   l’embourgeoisement   » de la littérature romantique française, un privilège au romantisme allemand. Dans cet esprit, les textes regroupés sont consacrés à Hölderlin, Novalis, Heinrich Von Kleist, Grimm mais aussi à Herman Melville, Stevenson ou Nerval. Pour Guerne, nous dit le préfacier Stéphane Barsacq  : «   Les Romantiques sont les poètes en marche d’une vérité toujours neuve  ; mais une vérité d’abord de combat  : à la fois un défi lancé aux formes et aux personnes mor­tes et mortifères, et une vérité qui, tel le Paraclet, invente au-dessus de la mêlée les raisons d’aller plus avant, pour sauver ce qui le mérite, pour apporter le signe d’une victoire malgré tout.   » Malgré tout… Le grand refus du romantisme est simultanément un grand Oui, une affirmation. Après des années où le formalisme s’est substitué à la critique la plus classique, la redécouverte d’auteurs comme Guerne rappelle que les grandes plumes critiques doivent être réévaluées. Des Italiens comme Pietro Cittati le rappellent depuis des décennies.

O. M.



Le Seuil, Points, 2011
222 p. 8 €