L’ÉCOLE ET LA RUE : FABRIQUES DE DÉLINQUANCE
Recherches comparatives en France et au Brésil
Alors que l’école française se considère souvent comme un « sanctuaire » coupé des réalités sociales qui l’entourent, la délinquance juvénile contraint à considérer de manière plus précise les relations qui existent entre l’établissement et son quartier. Ce travail de comparaison décrit deux situations très dissemblables, en France et au Brésil, mais de ce fait révélatrices de la réponse apportée, dans les deux systèmes éducatifs, à la naissance de « bandes » de jeunes scolarisés. « En France, le collège peut être un facteur aggravant de l’entrée dans les processus délinquants, que ce soit en alimentant la construction des attitudes d’opposition à l’école par le biais de la mise en place d’une logique répressive, en réduisant considérablement les perspectives d’insertion sociale et d’accès aux savoirs scolaires d’un certain nombre d’adolescents, ou en favorisant les regroupements en bandes. » Dans le cas français, le partage des rôles entre adultes au sein de l’établissement ainsi que la question de ségrégations internes entre élèves ressortent comme les points d’attention à privilégier pour répondre au défi de la délinquance.
M.-O. P.