La société de transparence
Ce petit livre incisif, d’un philosophe allemand d’origine sud-coréenne, est une dénonciation forte, argumentée et convaincante du désir de transparence qui travaille nos sociétés. La société positive, d’exposition, d’évidence, pornographique, d’accélération, de l’intime, de l’information, de dévoilement, de contrôle – ce sont les titres des neuf chapitres – a toujours pour trait commun un invincible prurit de transparence, lequel transforme tout en produit de marché, en relations narcissiques sans distance, sans récit temporalisé, se perdant dans la vulgarité et le vide. Bien des phénomènes du quotidien actuel s’en trouvent singulièrement éclairés. À noter une critique acérée (et pertinente) de Giorgio Agamben à propos de la nudité et de la pornographie, et la proximité avec Jean Baudrillard et Walter Benjamin, souvent cités.
Jean-Louis Schlegel