L’âge d’or du pamphlet


Ils s’appelaient Henri Rochefort, Jules Vallès, Auguste Chirac, Édouard Drumont, Léon Bloy, Octave Mirbeau, Léo Taxil, Édouard Tailhade, Georges Darien, Urbain, Gohier d’Axa… Certains sont oubliés, d’autres sont toujours lus, parfois pour d’autres raisons que leurs pages acides. Durant le dernier quart du xixe siècle, ils furent les plumes de «  l’âge d’or du pamphlet  ». Ils naissent logiquement avec la démocratie et la République, après 1870, profitant de toutes les libertés qu’elles permettent (surtout de la liberté d’expression : c’est aussi un grand moment de la caricature politique), suscitant en retour des censures, certes, mais aussi une réflexion et des débats sur l’étendue ou les limites de la liberté des mots dans la cité. En fin de compte – c’est un point plus que jamais à méditer –, à la fin du siècle, ce sont leurs excès, leurs faux-semblants, les scandales fabriqués et le manque de probité de certains d’entre eux qui suscitent lassitude et rejet. Pour le dire autrement, profiteurs de la démocratie, ils en sont les meilleurs fossoyeurs avec leur antiparlementarisme partagé ainsi que leur complaisance pour les affaires et leur obsession du complot.

J.-L. S.

CNRS Éditions, 2016
360 p. 25 €