LE MÉTIER DE PRÊTRE



 
 
 Le prêtre fut un notable aux côtés du pharmacien, du maire et du capitaine de gendarmerie. Ne représente-t-il plus qu’un métier parmi d’autres? Ce livre concerne les prêtres diocésains. Leur fonction est devenue floue: le prêtre est gestionnaire (églises, salles…), hôtelier, psychologue, éducateur; il est aussi l’irremplaçable célébrant du dimanche, celui qui fête la joie des familles ou les accompagne dans les épreuves. Il a affaire à un « public » massivement indifférent, parfois moqueur, frondeur. Le prêtre français est plutôt bien formé (surtout par la formation continue, il faut dire…), souvent pauvre, parfois solitaire et toujours mobile: il répond à des besoins dispersés dans les attentes et la géographie (certains, qui passent leur vie en voiture et en réunions, desservent vingt paroisses…). La différence entre les générations est parfois tranchée: le clergé plus âgé est souvent tolérant, courageux, il a une attitude « totalisante » (par exemple, il distingue peu la vie privée de la vie publique) et a traversé des difficultés qui l’ont rendu « philosophe ». Les jeunes sont tout feu tout flamme, vertueux, mais ils ont leurs habitudes (vie privée, relations, famille, loisirs…). Ils sont plus inconstants: on entre en religion comme dans une entreprise que l’on peut quitter pour une autre. Ils manifestent aussi un retour au sacré, qui agace des aînés, en réjouit d’autres… La difficulté, semble-t-il, consiste dans le manque de clarté professionnelle aux yeux de l’administration. Rémunéré sans être vraiment salarié, le prêtre touche en somme une « solde » qui correspond au smic, ce qui est modeste pour une profession d’encadrement. Peut-être la chance du prêtre réside-t-elle dans ce « déclassement social » qui lui ouvre des libertés nouvelles, même si, conclut l’auteure dans cette belle étude sur un sujet peu connu, elles restent bouclées par ces « deux verrous (que sont) le genre et le célibat ».
P. Ma.
Éd. de l’Atelier,, 2006
157 p. 17,90 €