GOUVERNER LES MÉTROPOLES


Voici l’ouvrage dont on avait besoin pour s’y retrouver dans le dédale des débats sur le devenir des métropoles suscités par la consultation du Grand Paris. S’il n’y a pas de notion de référence (on dit « métropole », mais on pourrait dire « agglomération », « ville-région », « aire urbaine », « mégapole », « métapole », « mégalopole », etc.), la métropole désigne de fait des espaces d’activité et de vie pertinents à l’échelle nationale et internationale qui ne correspondent pas au territoire circonscrit des villes-centres. Mais cela n’empêche pas l’auteur de mettre en scène, grâce à de nombreuses comparaisons (européennes ou non), la dynamique métropolitaine et de souligner en conséquence la spécificité politique française. Après avoir montré que les collectivités locales issues de la décentralisation freinent le mouvement de métropolisation, et que c’est également le cas de l’État, l’auteur observe que le fait métropolitain n’est pas mieux pris en compte par les diverses expériences de démocratie locale. Alors que la métropole devrait être l’occasion d’imaginer une réponse, en termes d’espace-temps, aux flux de la mondialisation, elle est délégitimée en France politiquement au profit des villes-centres. Par ailleurs, plutôt que d’aller à contre-courant des tendances à la fragmentation (sociale, territoriale…) et de ne pas s’adapter aveuglément au modèle de la ville globale, la métropole se développe de manière quasi anarchique. Bref « les métropoles apparaissent aujourd’hui dans une situation paradoxale. D’un côté, la littérature et la plupart des acteurs n’arrêtent pas de les présenter comme les espaces pertinents pour traiter les nombreuses questions économiques, politiques, sociales, environnementales, soulevées par le développement du capitalisme. D’un autre, elles demeurent politiquement quasi inexistantes, à de rares exceptions près, ce qui les rend difficilement gouvernables ».

Extenso éditions, 2009
120 p.