40 ans.
À la croisée des chemins
En réfléchissant sur le sens de la découverte fortuite, à l’âge de quarante ans, de la véritable identité de son père, l’auteur nous propose une philosophie de la crise existentielle du milieu de la vie. Cette réflexion à la Montaigne, illustrée davantage par la littérature que par la philosophie, se lit comme une conversation ou une confidence qui tourne autour de cette énigme : si nous pouvons avoir l’impression, à mi-parcours de notre existence, d’avoir fait des choix qui décident de l’orientation de notre vie, nous ne pouvons pourtant pas nous considérer vraiment comme « auteur » de notre propre vie. Celle-ci, en effet, découvrons-nous à mesure que sa tournure prend forme, nous échappe en grande partie puisqu’elle est façonnée par le vaste ensemble de relations personnelles que nous ne maîtrisons pas. Nous ne pouvons cependant nous défaire de l’impression que notre vie doit avoir un auteur, tout en comprenant que notre dépendance aux autres rend illusoire notre espoir de maîtrise sur son orientation. « Je suppose qu’il s’agit ici de reconnaître qu’on est profondément dépendant d’autres gens, qu’on le veuille ou non. Cela crée chez moi un sentiment d’angoisse, mais une angoisse calme, comme si quelque chose d’important, mais inconnu, se préparait en moi. »
M.-O. P.