LE PORTRAIT DU DIABLE


Cette toute jeune maison d'édition fait le pari des sciences humaines avec des textes de qualité, soignés dans la présentation et les illustrations. Cette étude de Daniel Arasse sur l'évolution des représentations du diable depuis la Renaissance illustre parfaitement ce projet. Il s'agit, pour l'historien de la peinture et exceptionnel commentateur de tableaux, de repérer les étapes de l'intériorisation puis de la sécularisation de la question du mal à travers la peinture. Longtemps peint sous forme allégorique, grotesque ou animale, le diable change de visage à mesure que l'influence humaniste se diffuse en Europe et que la théologie se centre sur la figure du Christ. Il se présente, ou se voile, sous des traits humains. D'où la question posée au peintre : comment faire un portrait d'homme où se lise la marque du mal ? Intégrant alors un corpus inattendu à son étude, il montre que c'est à la nosographie médicale puis à l'anthropométrie policière que l'histoire des représentations doit glisser pour suivre la trace des représentations inquiètes d'une malignité dont on ne sait plus bien isoler les apparences.

M.-O. P.

Les éditions Arkhê, 2009
128 p. 14,90 €