Pour supprimer les partis politiques!?

Réflexions d'un apatride sans parti


Au moment où il achève son dernier mandat d’élu, le député Vert européen livre ici en peu de pages ses réflexions sur la difficulté à faire évoluer les partis politiques. Dans la foulée du bon score qu’il avait obtenu avec la structure très ouverte d’Europe Écologie aux élections européennes de 2009, il avait espéré pouvoir changer le parti Vert en le détachant de la primauté des questions organisationnelles internes. Alors qu’une structure politique devrait, selon lui, ressembler à une coopérative, pour saisir les mouvements de la société, le parti lui apparaît comme « une structure fermée, presque génétiquement hermétique à la société ». Cette déception vis-à-vis de comportements internes essentiellement centrés sur l’organisation fait écho aux difficultés qu’il a vécues aussi côté allemand quand, avec Joschka Fischer, il s’est trouvé marginalisé sur la question de l’intervention en Bosnie, se heurtant au pacifisme constitutif des écologistes allemands, mais aussi à un refus de débattre radicalement opposé à l’idée qu’il se fait de l’engagement public. Cet adieu aux partis est aussi l’occasion d’un retour intéressant sur sa formation intellectuelle, entre les universités de Nanterre et de Francfort, et sa lecture précoce d’André Gorz et de Cornelius Castoriadis.

M.-O. P.

Indigènes Editions, 2013
38 p. 3,10 €