Fernand Pouillon, architecte
En dépit de ses Mémoires d’architecte
publiées au Seuil en 1968, Fernand
Pouillon (1912-1986) a le plus souvent
laissé le souvenir d’un personnage fantasque
et d’un aventurier. L’homme aux
aventures sentimentales innombrables avait
fait de la prison (affaire du Point du jour),
ses démêlés avec l’ordre des architectes
étaient permanents, sa passion pour Marseille
et l’Algérie ont fini par construire un
personnage de légende. Mais, au premier
abord, ce n’est pas le « personnage » qui
retient l’attention de cette biographie. En
effet, Pouillon, l’un de ces architectes qui
entreprit de construire des logements pour
le plus grand nombre sans pour autant
céder à l’esthétique de la cage à lapins,
n’échappe pas au contexte historique. Ce
livre, qui accompagne aussi la décolonisation
de l’Algérie et la première phase de
l’indépendance (les « pouillonnades », à
Moretti par exemple, sont nombreuses en
Algérie), raconte l’histoire de la démocratisation
du logement et de la construction
des grands ensembles dans la France de
l’après-guerre. On comprend que revisiter
l’œuvre de Pouillon n’est pas inutile à
l’époque où les destructions (de barres) ne
sont pas nécessairement suivies de reconstructions…
autres que les maisons individuelles.
Mais, de manière originale, cette
biographie se revendique comme telle au
sens où elle cherche à débusquer ce qu’il
y avait derrière les « apparences » de ce
personnage surprenant qui avait écrit ses
Mémoires pour brouiller les pistes.
O. M.
publiées au Seuil en 1968, Fernand
Pouillon (1912-1986) a le plus souvent
laissé le souvenir d’un personnage fantasque
et d’un aventurier. L’homme aux
aventures sentimentales innombrables avait
fait de la prison (affaire du Point du jour),
ses démêlés avec l’ordre des architectes
étaient permanents, sa passion pour Marseille
et l’Algérie ont fini par construire un
personnage de légende. Mais, au premier
abord, ce n’est pas le « personnage » qui
retient l’attention de cette biographie. En
effet, Pouillon, l’un de ces architectes qui
entreprit de construire des logements pour
le plus grand nombre sans pour autant
céder à l’esthétique de la cage à lapins,
n’échappe pas au contexte historique. Ce
livre, qui accompagne aussi la décolonisation
de l’Algérie et la première phase de
l’indépendance (les « pouillonnades », à
Moretti par exemple, sont nombreuses en
Algérie), raconte l’histoire de la démocratisation
du logement et de la construction
des grands ensembles dans la France de
l’après-guerre. On comprend que revisiter
l’œuvre de Pouillon n’est pas inutile à
l’époque où les destructions (de barres) ne
sont pas nécessairement suivies de reconstructions…
autres que les maisons individuelles.
Mais, de manière originale, cette
biographie se revendique comme telle au
sens où elle cherche à débusquer ce qu’il
y avait derrière les « apparences » de ce
personnage surprenant qui avait écrit ses
Mémoires pour brouiller les pistes.
O. M.