Enfer. La divine comédie
Éd. bilingue de Danièle Robert
Une nouvelle traduction de la Divine Comédie vaut toujours d’être signalée, surtout quand elle est, comme celle-ci, en vers. Pour une raison essentielle, trop oubliée et bien expliquée par la traductrice : l’omniprésence du chiffre 3 dans la structure d’ensemble de l’œuvre, un symbolisme manifesté immédiatement dans la forme de la terzina, la courte strophe de trois vers avec des rimes fortes entrelacées, qui donne le rythme propre, unique, de la Comédie et de ses 14 233 vers. En l’occurrence, dans ce premier volet, le rythme de la descente au fond de l’Enfer par cercles concentriques (dans le Paradis, on remonte au contraire, dans l’ultime cercle, jusqu’à la source du voyage : la Trinité, « ce un et deux et trois qui toujours vit, / et toujours règne en trois et deux et un, / non circonscrit et qui tout circonscrit »). Au cours des sept siècles passés, les traductions en vers ont été plutôt rares. Celle-ci est incontestablement une réussite.
J.-L. S.