La fabrique de l'espace public

Ville, paysage et démocratie


 

 

 

On ne cesse de parler de paysage et les paysagistes font désormais office de médecins de l’urbanisme. Encore faut-il s’interroger sur ce que signifie la demande contemporaine de paysage. Tout en critiquant le glissement techno-environnemental, l’abstraction du développement durable ou le capitalisme vert, l’auteur souligne les liens du paysage et de la démocratie. Alors que le paysage renvoie en France aux « Jardins du roi » à Versailles (le paysage est dans notre culture politique un jardin qui dessine sur le sol les marques du pouvoir), il renvoie en Suisse à la dimension de l’espace public : un architecte qui intervient dans un contexte dépassant le cadre de la maison privée (et donc de la maison d’architecte) doit avoir recours à un paysagiste. C’est dire que le paysagiste est dans ce cas le gardien de l’espace public et de l’espace commun. Lu dans ce sens, ce livre ouvre des pistes sur la recomposition possible des espaces publics en valorisant les dimensions diverses du paysage. Si la démocratie représentative est en mal de représentation, la démocratie paysagère inscrit les affaires communes dans un cadre qui est celui d’ensembles sensibles qui peuvent se déployer à plusieurs échelles : paysages urbains, grand paysage métropolitain mais aussi Terre. Dans chacun de ces cas, le paysage est une rareté qui rappelle que le monde est « fini ».

O. M.

 

 

 

Ellipses, France demain, 2010
190 p. 10,20 €