L’ARGENT

Présentation, notes, dossier, lexique des termes financiers, chronologie et bibliographie par Christophe Reffait


On connaît bien sûr la saga des Rougon et des Macquart. Pourquoi donc y revenir ? D’une part, l’admirable adaptation cinématographique de L’argent par Marcel Lherbier (1928), disponible en dvd depuis 2008, est l’occasion de « voir » la mise en images possible de la richesse et de l’argent par la caméra. D’autre part, l’excellente édition critique que propose Christophe Reffait, l’auteur d’un travail sur la place de la banque dans les romans du xixe siècle (la Bourse dans le roman du second xixe siècle. Discours romanesque et imaginaire social de la spéculation, Paris, Honoré Champion, 2007), permet de saisir la double critique de la représentation qu’opère Zola dans l’Argent : celle qui vise la représentation politique mais aussi la représentation au sein des sociétés commerciales. Zola dénonce la représentation politique dans la troisième République et la représentation au sein des sociétés anonymes qui voile les pouvoirs effectifs. « Quitte à faire de l’Argent, écrit C. Reffait à la fin de sa longue et substantielle introduction, une mise en abyme de la notion de représentation, c’est sans doute du côté de cette question de la représentation politique qu’il faudrait alors chercher la spécificité de l’œuvre. En soulignant que jamais, à notre connaissance, les petits romans de mœurs financières qui ont pullulé depuis le milieu du xixe siècle n’ont fait une telle place à l’analyse de la Société anonyme. » Complément au livre de Jean-Joseph Goux sur la Frivolité de la valeur (Paris, Blusson, 2000) qui se penchait sur la littérature, la double lecture de Zola et de Reffait (celui-ci n’hésite pas à évoquer Madoff) est certainement plus éclairante que les commentaires de nos experts en finance.

O. M.

Flammarion, 2009
584 p. 6,50 €