En écho


Archives de philosophie, janvier-mars 2020

Avec une nouvelle maquette et un complément d’édition numérique, les Archives de philosophie proposent un dossier sur «  Fichte et le langage  », dirigé par Ives Radrizzani. Isabelle Thomas-Fogiel y restitue la cohérence et l’importance d’une «  philosophie du dire comme faire  ». Dans les Varia, Julia Christ compare la conception de la totalité sociale d’Althusser à celles d’Adorno et de Durkheim. La première est irréductible à un sujet, étant constituée de rapports. Pour l’auteure, une lecture «  symptomale  » de la société comme corps et comme texte permet d’en dégager l’inconscient et l’injustice, qui restent «  malencontreusement  » déterminés par l’économie.

La revue nouvelle, janvier 2020

Dans le dossier consacré à l’islam en Belgique, La Revue nouvelle interroge les répercussions sur les musulmans belges des attentats revendiqués par l’État islamique en Europe. Michaël Privot décèle l’émergence de voix musulmanes nouvelles, parfois subversives, sur les réseaux sociaux. Hicham Abdel Gawad explore les possibilités de l’histoire pour donner une interprétation pacifique de l’islam. Daphné de la Vingne s’intéresse, sur la base d’entretiens, aux stratégies déployées par les musulmans pour se distancier d’une communauté à laquelle on les assigne. Enfin, Nawal Bensaid plonge dans l’intimité de Belges d’ascendance marocaine en interrogeant leurs choix conjugaux.

Projet, février-mars 2020

Un dossier consacré au «  vrai pouvoir des maires  » rappelle les enjeux des élections municipales, réfléchit à la place des communes dans l’avènement de la République, aux promesses et aux limites d’un mandat qui pâtit parfois d’une absence de statut légal, d’une technicisation croissante du gouvernement local et d’une augmentation de sa complexité organisationnelle. En outre, le dossier rappelle que l’élection des maires ne saurait occulter celle des conseillers communautaires, destinés à siéger au sein des structures, encore trop peu connues mais désormais déterminantes, de l’intercommunalité.

«  La pénibilité au travail  », Fondation Jean Jaurès

Dans le contexte de conflit sur la réforme des retraites, une note de Jérôme Fourquet et Marie Gariazzo, publiée le 21 janvier 2020 par la fondation Jean Jaurès, souligne le caractère «  éminemment politique  » de la pénibilité du travail. Les sondages réalisés par les auteurs permettent de constater que, pour la plupart des personnes interrogées, le travail est une corvée et la retraite «  un havre de paix  ». Par conséquent, l’allongement de la durée ­d’activité est considéré comme un recul de «  la sortie du tunnel  » et la grève comme un sacrifice nécessaire, y compris par les personnes les plus affectées par les difficultés de transport. Les personnes dont les métiers sont pénibles sont plus enclines que les autres à participer au mouvement de contestation. Ainsi, le conflit sur la réforme des retraites porte bien sur le caractère pénible du travail et résulte d’un quinquennat qui ne cesse de réactiver la lutte des classes.