Études, no 4321


Dans cette livraison de décembre 2024, Sylvie Goulard reprend quelques-unes des grandes questions posées aujourd’hui à la construction européenne, alors que les élections ont donné vainqueures les sensibilités nationalistes, à l’heure où celles-ci ont déteint sur les autres partis et participé à l’avilissement les débats. Un entretien avec le philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne réaffirme que la centralité de l’humanité dans l’universel appelle l’abandon d’une logique de prédation de notre rapport au vivant. Dans le contexte du « tournant gestionnaire » de l’hôpital et de la perspective d’une probable ouverture de l’aide médicale à mourir par le législateur, Nicolas Pujol alarme sur la mise en danger de la culture palliative – et son corollaire éthique –, laquelle échappe à l’optimisation tous azimuts de ses moyens au nom du réalisme économique. Un article de Bernard Bourdin pose la question de la formulation d’un discours géopolitique chrétien en faveur de la paix, « à mi-distance entre le renoncement à se défendre et la volonté de mener une guerre totale jusqu’à l’anéantissement de l’adversaire ». Dominique Iognat-Prat s’intéresse à la nature de l’émotion nationale suscitée depuis l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris, analyse ses aspects archéologiques, dont « l’éternel catholique » du chantier revêt le « sens de l’universalité étymologique de la catholicité ».