Germinal, no 8


 

Dans sa livraison de mai 2024, la revue Germinal propose un dossier sur « La culture critique » qui soutient la dimension émancipatrice de l’art. Il souligne les traits historiques d’une politique socialiste de la culture (Jean-Louis Fabiani, Philippe Coulangeon, Benoît Labourdette), notamment la démocratisation, l’affirmation des droits culturels et l’éducation populaire. Il explore quelques réalisations, comme les projets d’orchestre à vocation sociale (Denis Laborde). Milo Lévy-Bruhl souligne que pour Léon Blum, le roman moderne « critique l’inadaptation entre les formes traditionnelles de solidarité et les aspirations à la mobilité sociale que génère l’individualisme ». Selon Julia Christ, Adorno ne dénonce pas la démocratisation, mais la marchandisation de la culture, qui entrave l’autonomisation des individus par des œuvres marquées par l’indétermination. Brigitte Derlon souhaite que la dénonciation des « appropriations culturelles » vise moins à limiter la liberté d’expression des artistes qu’à remettre en cause les inégalités. En ouverture, les coordinateurs du dossier Anne Lafont et Christophe Prochasson tracent une voie exigeante entre « l’élitisme culturel » et « le multiculturalisme relativiste », qui pourrait appuyer les travaux d’une convention citoyenne.