La naissance du Cri


Connaissez-vous Le Cri – mensuel « chrétien, joyeux et radical » ? En mars 2026, il en est à sa cinquième livraison, et on peut donc juger sur pièces pour en parler, plutôt que d’en faire la promotion avant parution. Mais d’abord : quel Cri, de quoi, de qui ? La première phrase de l’édito (intitulé « Juste cri ») du premier numéro donnait d’emblée la réponse et le programme : « “Le cri de la Terre et le cri des pauvres deviennent de plus en plus alarmants”. L’inquiétude inlassable du pape François nous poursuit encore. »

Même si l’insistance sur le « générationnel » peut énerver celles et ceux qu’il concerne, c’est bien quelque part une « génération François » qui se reconnaît dans son encyclique Laudato si’ et qui se lève ici pour « crier » sa colère, non seulement contre ce qui est fait à la Terre et aux pauvres par un capitalisme plus conquérant que jamais (et qui a désormais triomphé partout), mais contre les injustices et les exclusions de toutes sortes ; qu’elles relèvent de l’écologie, de la politique, de l’économique et du social, ou de la « sphère de l’intime » : des sujets comme l’IVG, l’homosexualité, le « trans », le racisme dans l’Église, etc. y sont abordées sans tabou.

Le Cri veut raconter « radicalement », à travers des enquêtes, des reportages, des écrits divers, les cruautés du monde en tous les domaines, c’est-à-dire bien au-delà des désordres climatiques et environnementaux dont nous sommes témoins aujourd’hui. Et il veut le faire au nom de la foi en l’Évangile, de l’espérance qu’il fait naître et renaître, et même de la joie qu’il donne « de se redresser », « après avoir toujours plié, tout subi, tout encaissé » (Simone Weil).

Politiquement, le combat clairement marqué est celui contre l’extrême droite. Le mot qui pourrait sembler manquer dans le titre est celui de « gauche » : à la fois « la gauche », et les «  chrétiens de gauche » auxquels Le Cri fait inévitablement penser. Peut-être faudra-t-il s’expliquer un jour (dans une critique joyeuse et radicale, bien entendu !) sur cet héritage compliqué…

Mais alors qu’on n’entend parler que d’une jeune génération catholique « identitaire », c’est une bonne nouvelle que de voir s’en afficher une autre, dont la préoccupation première est la justice et la vérité, alors que s’imposent partout, par le mensonge et la violence – et bien sûr le règne de l’argent et de la corruption – des dictatures sans scrupule. Qu’il suffise donc de dire le plaisir de lire et d’apprendre de l’inédit et du surprenant dans chaque numéro, et d’admirer l’inventivité et la créativité des sujets et de la maquette. Longue vie au Cri !


Le Cri
Mensuel
7, 50 € le numéro 
79 € l’abonnement annuel