VILLE, VIOLENCES ET DÉPENDANCE SOCIALE

Les politiques de cohésion en Europe


 

Alors que la cohésion sociale est doublement fragilisée par le phénomène de la ségrégation sociale et ethnique d’une part et par la recherche d’un entre-soi valorisant d’autre part, les politiques urbaines tendent à opter pour un néolibéralisme social qui se distingue à la fois d’une politique libérale et d’un « social de compensation » dont le but est de réduire les inégalités. On observe en effet, dans la plupart des pays d’Europe (sont pris en compte dans cet ouvrage collectif la Grande-Bretagne, la Hollande, le Danemark, l’Allemagne, l’Italie, la Belgique), trois tendances : l’émergence dans le domaine de l’emploi d’un social de compétition misant sur la motivation des individus, une politique de dissuasion du crime à l’opposé de la prévention sociale de la délinquance, et une politique du logement privilégiant à la fois l’accession à la propriété et une mixité sociale brisant l’uniformité du logement social (« la politique de rénovation urbaine n’a pas d’autre but que la propriété et d’autres moyens que la mixité »). Pour apprécier les métamorphoses de la « dignité » qui accompagnent le glissement du welfare state au social investement state, Jacques Donzelot analyse les conséquences des politiques urbaines européennes sur le plan de la citoyenneté, à savoir le passage d’une citoyenneté sociale à une citoyenneté urbaine qui a pour but de rendre visible (on n’est plus dans le contexte du voile d’ignorance propre à ­l’État-providence, il faut « montrer » et « dévoiler ») la concurrence entre les territoires et les individus. Si l’ouvrage ne comporte pas de chapitre portant sur la France, il est aisé de comprendre que la politique urbaine hexagonale s’inspire sans les copier des autres politiques européennes.

O. M.

Puca/La Documentation française, 2008
296 p. 30 €