LA SOCIÉTÉ ÉVOLUE, LA POLITIQUE AUSSI
Auteur d’un ouvrage de référence, Metapolis ou l’avenir des villes, et d’analyses diverses qui portent sur le sujet hypermoderne, François Ascher, qui enseigne à l’Institut français d’urbanisme, s’interroge constamment sur le rapport entre la métamorphose des territoires et notre capacité de demeurer un sujet. Refusant la notion de postmodernité qui annule l’inscription historique, et lui préférant celle d’hypermodernité, il scrute toutes les faces d’un sujet qui doit prendre en compte la prééminence des flux sur les lieux, et la prévalence du mobile sur le mobile. Ce qui est vécu sur le plan spatial l’est également sur le plan physique, mental, relationnel, social. Dans cette optique François Ascher développe des propos originaux, partant du constat de l’illimitation des flux (ceux-ci ne représentent pas une échelle supérieure, ils sont hors d’échelle) pour s’interroger sur les limites que doit inventer le sujet contemporain s’il ne veut pas se noyer dans les flux. Mais si cette volonté de déterminer des limites dans un monde de flux est l’occasion d’un procès récurrent du centralisme républicain et de son caractère centripète (voir un précédent ouvrage de F. Ascher intitulé la République contre la ville), il n’en faut pas moins observer les nouvelles formes prises par l’action politique et la métropolisation dans un tel contexte. Si La société évolue, la politique aussi fait selon lui le pari d’une métamorphose et maintient le primat du collectif sur l’individualisme à travers l’idée de mise en relation, Examen clinique se présente comme « le journal d’un hypermoderne ». Confronté au réel le plus violent, celui de la maladie et de la mort possible, la sienne, François Ascher propose une succession de réflexions sur les aventures d’un sujet hypermoderne et protéiforme qui connaît ses propres limites. Un livre impressionnant de lucidité qui rend sensible une réflexion sur les limites qui pourrait paraître loin du quotidien.
O. M.
O. M.