La bataille du Sénat
Ce livre, qui a été rédigé pour permettre de comprendre les enjeux d’une bataille qui n’était pas gagnée d’avance, n’a en rien perdu de son intérêt et de son actualité après le changement de majorité. Bien au contraire (voir l’éditorial de ce numéro). Dans la mesure où le journalisme politique est focalisé en France sur les seules présidentielles, le Sénat est considéré comme une chambre bien secondaire. A-t-on lu quelque part un portrait nourri du nouveau président Jean-Pierre Bel, un proche de François Hollande, avant son élection ? L’ouvrage vient répondre à l’absence d’informations dont pâtit le Sénat et qui contribue à son repli. Mais il a surtout le mérite d’anticiper les grands débats qui étaient envisagés en cas de victoire par la gauche et doivent aujourd’hui être mis en chantier. Voici une piqûre de rappel : « Ce Sénat nouveau aimerait en cinq mois dresser un bilan des politiques publiques menées en France depuis dix ans, se livrer à un audit du pays qui pourrait prendre sa part dans la campagne présidentielle et l’éclairer. Cela pourrait se traduire dès l’hiver 2011-2012 par la tenue d’états généraux des élus locaux au Sénat. Suivrait une réflexion sur la réforme de la chambre haute à qui l’on pourrait attribuer un droit de veto sur les projets qui la concernent. Son mode d’élection serait revu afin d’avoir un collège sénatorial qui ressemble à la France d’aujourd’hui. » Telles sont certaines des promesses de la gauche sénatoriale. Il ne reste plus qu’à prendre sans tarder des initiatives.
O. M.