Annales bergsoniennes V


Ce nouveau volume des Annales bergsoniennes analyse la portée politique de la philosophie de Bergson, notamment à partir de deux colloques, l’un consacré à sa relation avec Jaurès, et l’autre à sa pensée politique proprement dite, telle qu’elle s’exprime dans les Deux sources de la morale et de la religion. Si les articles sur les relations entre Jaurès et Bergson semblent reposer sur des bases ténues, tant les philosophies de Bergson et de Jaurès participent de conceptions et de soucis opposés, d’autres rapprochements mis en avant dans l’ouvrage semblent plus substantiels. Ainsi, Antoine Janvier, inspiré par Deleuze, montre que la fidélité à l’esprit de la pensée de Bergson contredit l’élitisme des Deux sources, qui présentent de cette manière une certaine parenté avec les travaux contemporains de Jacques Rancière. De manière similaire, Souleymane Bachir Diagne met en avant comment le Sénégalais Léopold Senghor et l’Indien Mohammed Iqbal ont pu reprendre les problématiques de Bergson au profit de leurs propres thématiques : revaloriser l’apport de l’Afrique à la pensée universelle, dans le cas de Senghor, et prôner une réformation de l’Islam dans le cas d’Iqbal. Parmi les autres articles, on peut notamment retenir l’étude de Caterina Zanfi sur « Le sujet en société chez Bergson », qui remet en cause l’idée d’un individualisme bergsonien. Dans ces textes, la philosophie bergsonienne s’élargit à de nouveaux objets et à de nouvelles perspectives.

A. A.

PUF, 2012
624 p. 33 €