La Politique culturelle en débat
Anthologie, 1955-2005
Ce livre présente quarante-cinq textes, de l’ère de l’euphorie à celle des désillusions. Dans son introduction soignée, P. Poirrier présente au moins cinq sections : la démocratisation culturelle, pour quitter les ghettos parisiens et « bourgeois » (c’est l’objectif du décret fondateur des Affaires culturelles par Malraux en juillet 1959 : « rendre accessible les œuvres capitales de l’humanité au plus grand nombre… ») ; le développement culturel qui est la volonté d’organiser et d’amplifier l’offre culturelle sur le territoire, et aussi celle de reconnaître des créations nées loin des sentiers battus (BD, cirque, rock, danses urbaines, musiques populaires…). Ceci au grand dam des dénonciateurs (Marc Fumaroli et autres) d’un État culturel qui gère tout, nivelle tout, décide de tout, au détriment de l’élite artistique et intellectuelle. Mais la diversité culturelle est désormais bien implantée du fait des origines géographiques des créateurs, des producteurs et des publics, et par la mondialisation numérique qui ignore les frontières. À cela s’ajoutent d’autres thèmes, comme l’exception culturelle ou l’Europe. On aime la vigueur des textes fondateurs, de Jeanne Laurent à Pierre Emmanuel (en passant par Brichet, Vilar, Certeau, Dubuffet, Malraux…) ; on partage presque l’euphorie futuriste de Dumazedier ; et Bourdieu, qui a savamment redit la même chose quarante ans durant, nous agace toujours un peu. Mais quel bouillonnement comparé à la technocratie d’aujourd’hui, pierre tombale roulée sur une culture emmurée vivante. Rêveurs que nous étions…
P. Ma
P. Ma