Plus vite! La France malade de son temps


 

 

 

Le président François Hollande aurait lu cet ouvrage durant ses vacances estivales à Brégançon. Qu’en aura-t-il retenu ! Une réflexion sur la vitesse qui oppose la rapidité indissociable de la mondialisation et des nouvelles technologies, et la lenteur politique française. Le constat, qui s’appuie sur des exemples qui font ou ont fait « la une » de l’actualité, quand ils ne concernent pas les réalisations d’Unibail, dont le principal responsable est l’auteur (une entreprise discrète du Cac 40, nous dit-on !), ne surprendra pas grand monde ; on ne peut que souscrire aux remarques sur la lenteur des décisions concernant les Halles ou le Grand Paris. Mais l’auteur, qui préconise une vitesse mesurée plus qu’une décélération, se contente d’évoquer des opérations commerciales d’envergure sans toujours s’interroger sur la place de ces « morceaux de villes » qui sont réalisés dans les agglomérations urbaines. À la critique légitime de l’action de l’État, à la législation abusive, il réplique en valorisant l’efficacité de l’entrepreneur, mais il ne préconise pas de réformes politiques précises, à commencer par celle des collectivités territoriales qu’il appelle de ses vœux. Par ailleurs, les comparaisons en termes de vitesse de décision regardent souvent du côté des pays émergents et bien sûr de la Chine, mais l’auteur oublie de rappeler qu’Unibail n’intervient pas hors d’Europe en raison des obstacles liés à un type de développement qui n’est pas sans défaut (la rapidité n’est pas une qualité très démocratique). En cela, c’est un livre bien français, où l’État et le marché se regardent comme des chiens de faïence. Mais des choses sont peut-être en train de changer, si on s’en tient aux récentes annonces gouvernementales !

O. M.

 

 

 

Grasset, 2012
182 p. 10 €