La Théorie générale de l'urbanisation
Présenté et adapté par Antonio Lopez de Aberasturi
Préface de Françoise Choay.
Marginalisé, en raison même de sa modernité, par une élite espagnole « aristocratiquement » tournée vers le monde paysan, et cela pendant des décennies, i.e. jusqu’à la fin du franquisme, ce classique de l’urbanisme (dont le Barcelonais Cerda invente le terme en 1867) a été traduit en français fort tardivement et a connu une réception quasi clandestine puisque les étudiants français ne le trouvaient plus depuis des années. Les Éditions de l’Imprimeur ont le mérite de pallier ce manque de sérieux de l’édition hexagonale alors même que l’intérêt pour l’urbanisme et l’architecture échappe au seul milieu des spécialistes et des techniciens de l’aménagement. Le livre de Cerda est exemplaire dans la mesure où il commence par un travail rigoureux sur les notions et le langage alors que le vocabulaire, babélisé, part aujourd’hui dans tous les sens. Ensuite, dès la fin du XIXe siècle, l’auteur du Plan urbain de Barcelone, en écho à l’hausmannisme, avait bien vu que les lieux, ces échangeurs et commutateurs de flux comme le dit le géographe Paul Claval, n’étaient pas des espaces mythiques protégés contre les flux extérieurs. Bien au contraire, l’urbanisme, fort sensible au rôle de la circulation, est inventé pour trouver un équilibre entre les flux et les lieux. Une telle interrogation n’a en rien perdu de son sens : « À l’heure de la mondialisation, écrit Françoise Choay dans sa préface de 2005, la Teoria apparaît comme un passage obligé pour pouvoir mettre en perspectives et penser les nouvelles techniques d’aménagement ainsi que la crise actuelle de l’urbain et de notre rapport à l’habiter. »
O. M.
O. M.