Philosophie de l’effort


Nourri d’une pratique du sport de compétition et de lectures philosophiques, cet ouvrage entend défaire les fausses évidences de l’effort. L’ouvrage propose d’abord une sorte de phénoménologie de l’effort, appuyée sur les écrits de Maine de Biran, qui définit l’effort comme existence, au sens d’une sortie et d’un dépassement de soi, donc comme liberté. Le sport constitue un paradigme privilégié pour penser l’effort, y compris dans ses modalités productives et son rôle dans les processus d’apprentissage. Cela justifie une interrogation sur l’idéologie de l’effort, qui présuppose un lien entre l’effort et l’idée de progrès, instauré avec le christianisme (la réforme de l’âme) et plus encore avec les Lumières (la perfectibilité de l’homme). Dans cette idéologie, l’effort est devenu la condition de la valeur, du mérite. Enfin, la dernière partie de l’ouvrage se met en quête d’un effort sans douleur, forte de la critique de l’idéologie, en direction d’un accomplissement personnel plus équilibré et plus harmonieux, tel qu’on le trouve par exemple dans les pratiques de méditation.

J. C.

Cécile Defaut, 2016
184 p. 18 €