L’EUROPE CHRÉTIENNE ? UNE EXCURSION
Alors que l’avenir de l’Europe demeure morose, des auteurs ne craignent pas de revenir sur les valeurs européennes. Deux raisons y président : d’une part, l’Europe ressent le besoin d’une spiritualité européenne qui ne soit pas le monopole de l’Église catholique romaine ; d’autre part, bien des écoles de réflexion émanant du monde non européen s’arrogent le droit de parler en termes de valeurs européennes. Mais l’auteur revient sur la question de l’apport d’un christianisme trop vite figé et réduit à des valeurs substantielles ou à des dogmes. Pourtant le christianisme européen ne se conjugue pas au singulier mais au pluriel depuis les guerres de religion, et surtout il n’est pas concevable de dissocier Athènes et Jérusalem. Tout est dans le « et », la conjonction du christianisme et des autres religions, de la religion et de la philosophie, des croyants et des incroyants… Rémi Brague, l’auteur de la Voie romaine, qui préface le livre, reformule la question après avoir rappelé que pour Weiler la démocratie n’est pas un objectif mais un moyen. « Si la démocratie n’est qu’un moyen, quelle est la fin dont elle est le moyen ? Weiler ne le dit nulle part clairement, La philosophie politique classique de la Grèce aurait répondu : la vertu de la formation de l’excellence (arete) humaine. »
O. M.
O. M.