Du trou au tout

Correspondance à moi-même (tome I)


Le botulien Jacques Gaillard nous livre son édition de la correspondance du philosophe avec lui-même. Botul, dans les années 1939-1940, décide en effet de dépasser l’aporie du dialogue intérieur en le matérialisant par des lettres qu’il s’envoie, ce qui lui offre par ailleurs la possibilité de nouer des relations fort agréables avec sa factrice. Inspiré par le grand Jean-Paul Sartre, qui s’ennuie au front en envoyant des sondes météo, Botul s’interroge sur le trou, et nous livre ses expérimentations (dans le domaine du sexe et de la plomberie) et ses réflexions sur cette question essentielle, atteignant des conclusions inespérées sans jamais céder à la complaisance. Car Botul est sans cesse habité par le doute, ce qui sied bien à un « trou pensant » ; tant que ce doute ne s’étend pas à sa propre existence (dont la réalité a récemment été validée par un éminent philosophe, ce qui explique la dédicace du livre : « Merci Bernard ! »), le monde de la philosophie est sauvé !

A. B.

La Découverte, 2012
144 p. 12 €