Droit de la ville
Du fonctionnement juridique des villes au droit à la ville
L’approche des villes est le plus souvent morcelée, éclatée (à l’image même de son objet !) en raison de la spécialisation des recherches. Or parler des villes exige de prendre en considération à la fois un projet urbain (l’affaire des édiles et des urbanistes), un imaginaire (celui des habitants dans la mesure du possible) et un mode de gouvernement (les villes sont plus ou moins autonomes, plus ou moins sous tutelle de l’État). Le grand mérite du livre de J.-B. Auby, professeur de droit public à Sciences Po, est de ne pas être un excellent manuel de plus : s’il expose rigoureusement l’évolution juridique liée aux mutations des ensembles urbains, il éclaire simultanément les principes urbains et les valeurs urbaines qui permettent aux villes de ne pas se réduire à des zones de non-droit ou à des espaces fermés et repliés sur eux-mêmes. C’est pourquoi le « droit de la ville » (en l’occurrence celui qui s’applique dans l’Hexagone) invite à réfléchir au « droit à la ville » qui se manifeste aujourd’hui aussi bien dans les villes européennes que dans les métropoles et mégapoles qui sortent de terre à une vitesse incroyable dans les pays émergents hors d’Europe. Comme quoi la thématique du droit à la ville, chère à Henri Lefebvre dans les années 1970, trouve un sens historique indéniable dans un univers urbain métamorphosé.
O. M.