Chindiafrique

La Chine, l'Inde et l'Afrique feront le monde de demain


Même si l’Europe en a pris conscience tardivement, après avoir longtemps refusé de la reconnaître, la redistribution des cartes de la puissance économique se poursuit à un rythme accéléré depuis la crise de 2008. Si le basculement du monde a commencé dans les années 1970, confirmé par l’ouverture au marché international de la Chine et de l’Inde au tournant des années 1980, ses effets se prolongent du fait d’une séquence en trois temps puisque ces trois grands ensembles démographiques (chaque ensemble regroupera 1, 5 milliard d’habitants en 2030) ont connu des phases de décollage qui s’enchaînent chronologiquement avec une surprenante continuité : Chine d’abord, Inde puis Afrique dans la période la plus récente. Quel que soit l’angle d’approche – le livre examine successivement les ressources humaines, l’économie, la technologie et l’innovation, les matières premières et l’agriculture –, un nouveau rapport de force se dessine qui bouscule les situations acquises par les anciens pays d’Europe et par les États-Unis. Mais comme le système de développement actuel est trop instable (crises financières) et qu’il n’est pas soutenable du point de vue de l’environnement, ce développement prendra nécessairement des formes inattendues, surtout avec une formation supérieure qui se développe partout pour favoriser l’innovation. Les relations internationales changeront aussi, et elles n’iront ni dans le sens d’un renforcement des institutions actuelles de la gouvernance mondiale, car l’Inde et la Chine, nations de la taille d’un continent, ne croient pas aux transferts de souveraineté, ni dans le sens d’une démondialisation, car tous les nouveaux acteurs ont intérêt à poursuivre l’ouverture, même si celle-ci sera sans doute plus contrôlée à l’avenir. Mais comment l’Europe jouera-t-elle sa carte dans ce nouveau monde ?

M.-O. P.

Odile Jacob, 2013
370 p. 27,90 €