L’art et l’argent
L’œuvre d’art est travaillée par une ambivalence : si elle porte certaines promesses d’émancipation, elle peut également faire l’objet de spéculations financières dans le capitalisme tardif. Le livre étudie différents modes de subsomption de l’art sous l’argent : de son rapprochement instrumental avec le luxe à des fins publicitaires à la réduction de l’œuvre à sa dimension d’actif financier, il donne à voir un art hétéronome, assujetti à des « spirales de valorisation » que mettent en branle collectionneurs et sociétés de ventes aux enchères, institutions publiques et firmes transnationales. Deux textes sont notamment consacrés à la manière qu’ont les facteurs économiques, tant privés que publics, d’affecter le fonctionnement des écoles d’art et les trajectoires de leurs élèves, sommés de devenir « compétitifs », s’ils espèrent un jour être découverts comme « talents ». Parallèlement, face au déplacement de l’aura des œuvres vers les capitaux qu’elles valorisent ou les marques dont elles permettent la mise en avant, le discours journalistique passé de la critique à la « compréhension », une démarche qui nourrit les logiques de « distinction » chères aux classes moyennes, pour mieux les pacifier.
L. C.