La fin du village
Une histoire française
Après le livre de l’ethnologue Pascal Dibie consacré à la métamorphose d’un village du centre de la France (publié dans la collection « Terre humaine » de Jean Malaurie), c’est au tour du sociologue Jean-Pierre Le Goff, qui s’appuie sur une enquête au long cours conduite dans un village du midi de la France qu’il connaît fort bien, de décrire et d’ausculter les mutations du « village à la française ». Alors qu’il aurait pu opter pour une approche nostalgique (la fin des paysans et du paysage rural) ou s’enquérir de l’identité des néo-urbains qui sortent de l’espace confiné de la ville pour créer des « villages sur mesure », des villages pour urbains à la campagne, au risque de mythifier le local et la bonne nature, l’animateur du club Politique autrement s’interroge, dans le prolongement de ses travaux sur les travers de la société managériale et non sans arrière-pensée politique, sur le mélange social hybride et éclaté que représente aujourd’hui le village qu’il a choisi. Entre la communauté paysanne d’hier et la société urbaine anonyme, on a ici affaire à une collectivité hybride qui ne va guère dans le sens de la République au village chère à l’historien Maurice Agulhon. La fin du village conduit donc à s’interroger, en pleine réforme annoncée des collectivités territoriales, sur les ressorts contemporains de la commune française.
O. M.