SOCIOLOGIE DE LYON


Un précédent ouvrage de cette collection était consacré à Bordeaux et mettait en évidence les marges d’autonomie politique de la ville face au système national centralisé. Ici, les auteurs conjuguent les approches historiques, économiques, sociologiques et urbaines pour donner un portrait d’ensemble de cette ville qui, longtemps réputée secrète voire insaisissable, a appris à beaucoup communiquer sur elle-même. Ce volume témoigne d’un changement de perception des métropoles françaises : plutôt que de focaliser l’attention sur la rivalité avec Paris ou sur le complexe provincial et ses sources historiques, les auteurs mettent l’accent sur les échelles de développement d’une ville qui aspire à un rang international et s’insère dans un réseau de grandes « villes non capitales ». Politiquement, il faut observer systématiquement la relation entre la ville-centre et l’agglomération, comme pour toutes les grandes villes, et expliquer la pertinence de l’échelle métropolitaine pour comprendre les évolutions démographiques et le profil des habitants. D’un point de vue économique, le rayonnement international de Lyon est difficile à maîtriser et contourne l’échelle régionale : « Lorsque ses réseaux financiers et commerciaux internationaux s’affaiblissent, Lyon ne s’appuie guère sur son pays ou sur sa région pour redynamiser son économie. Au contraire, le rayonnement régional semble tributaire de l’expansion internationale : Lyon fait vivre sa région lorsqu’elle est en position de force dans l’espace international. En cela, elle se distingue fortement d’autres capitales régionales, comme Toulouse, Bordeaux ou Nantes, dont le développement s’appuie fortement sur leur arrière-pays. »

M.-O. P.

La Découverte, Repères , 2010
128 p. 9,50 €