Les 100 mots de Marseille


 

 

 

Marseille est une ville où l’on aime écrire et sur laquelle on écrit beaucoup. Avant les romans policiers contemporains très prisés mais aujourd’hui en mal de french connection et de cabanes à la Le Corbusier dans les calanques, Alexandre Dumas, Joseph Conrad, Jean Giono, Simone de Beauvoir, Le Clezio et Anna Seghers ont fait de Marseille une fiction souvent très personnelle. Les livres politiques n’ont pas manqué dans la période récente : ceux de Michel Samson et Michel Peraldi, soucieux des pratiques des habitants et des petits et grands trafics (de tous ordres), de Jean Viard, qui ausculte en médecin politique cette ville impossible ou encore de l’historien de l’immigration Émile Temine. Marseille est une ville de mots et de textes autant que d’eau et de mer : il était donc naturel qu’on lui consacre un « dictionnaire des mots » qui montre qu’elle résiste fort bien à l’éclatement linguistique. Si les entrées politiques sont quasiment inexistantes à l’exception de Gaston Defferre (pas de Gaudin, de Menucci, de Pezet, de Guérini…), les deux auteurs, une éditrice/libraire/restauratrice fort connue dans la ville et un économiste qui a créé une banque en Tunisie, proposent une double approche culturelle et économique éclairante et plaisante. Sont mis en avant des quartiers, des événements, la cuisine, la danse (Béjart et Roland Petit) et une comparaison économique récurrente avec Lyon permet de mieux comprendre ce qui grippe cette ville biface : à la fois très assistée et très autonome. Mais cette ville habitée, cette ville cosmopolite et populaire, ne va-t-elle pas éclater du fait de la restructuration urbaine (liée à Marseille 2013) un peu branchée qu’on est train de lui imposer de très haut ?

O. M.

 

 

 

PUF , Que sais-je?, 2012
128 p. 9,20 €