La classe moyenne américaine en voie d'effritement


Les États-Unis se pensent comme un pays sans classes, construit loin des hiérarchies et féodalismes de l’ancien monde, sur un principe d’égalité et d’opportunité pour tous. Cela explique que la très grande majorité des citoyens s’identifie depuis longtemps à la classe moyenne, malgré les inégalités très réelles au sein de la société. Aujourd’hui cependant ces inégalités explosent, elles sont de plus en plus visibles (y compris politiquement, à travers le mouvement des « 99 % » en 2011) et surtout, de plus en plus de personnes ont le sentiment que leur avenir, et celui de leurs enfants, sera moins rose que leur passé. Ce sentiment est corroboré par les chiffres, comme le montre l’étude de Julien Damon, qui permet de faire utilement le point sur l’érosion de la classe moyenne américaine à laquelle on assiste depuis une trentaine d’années, et qui s’est accentuée dans la décennie 2000. Données objectives et sentiments subjectifs se corroborent, et ont donné lieu à une prise de conscience politique : Barack Obama a mis la classe moyenne au cœur de son discours. Malgré cela, les inégalités continuent de se creuser, et la victoire des républicains aux élections de mi-mandat de l’automne dernier ne risque pas de relancer la réflexion sur ce sujet, du moins pas dans le sens d’une augmentation des impôts pour les plus riches, dont les revenus, contrairement à ceux de la classe moyenne (et des classes inférieures…), ont explosé ces dernières années.

 

A.B.

Fondation pour l'innovation politique, 2014
40 p. 3 €